Salaires : Le monsieur Bons-offices30/01/20102010Journal/medias/journalnumero/images/2010/01/une2165.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Salaires : Le monsieur Bons-offices

Après qu'une employée de supermarché s'est plainte qu'avec son salaire et celui de son mari ils ne peuvent pas boucler les fins de mois, tout de go le président, ayant deviné qui était le grand patron de cette malheureuse, un milliardaire de ses amis, a promis de l'appeler dès le lendemain. Il allait intercéder, non pas pour que cette employée bénéficie enfin de l'augmentation de salaire qui lui permettrait d'avoir une paye décente, et non celle misérable, proche du smic, qu'elle touchait ; mais pour que son patron l'autorise à faire des heures supplémentaires. Bref, il fallait que l'employée travaille plus.

Que les actionnaires exigent des dividendes de 15 % ou 10 % au minimum, voilà qui est normal. Que les grands groupes annoncent des milliards de profits, abondés par les finances de l'État, c'est tout aussi normal. Que leurs serviteurs de luxe, les PDG, s'offrent des salaires équivalant à cent fois celui de cette employée, là encore : « Ça ne me choque pas », a dit Sarkozy. Mais qu'une malheureuse salariée, qui gagne à peine 1100 euros net par mois, puisse être augmentée, voilà qui est pure folie, pour l'hôte du palais de l'Élysée.

Comme disait le dramaturge suédois Auguste Strindberg, « La vie est comme une balançoire : on se trouve en haut, on regarde autour de soi avec arrogance et puis on se retrouve en bas ». Cela pourrait bien s'appliquer un jour à Sarkozy.

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