Groupe Trèves : Licenciés... et condamnés a rembourser23/04/20142014Journal/medias/journalnumero/images/2014/04/une2386.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Groupe Trèves : Licenciés... et condamnés a rembourser

Le groupe Trèves, sous-traitant automobile comptant 7 000 salariés dans le monde, réclame le remboursement de dommages et intérêts à 86 anciens ouvriers qu'il a licenciés en 2010. Les sommes exigées atteignent entre 2 000 et 5 000 euros, alors que la plupart des ouvriers licenciés n'ont pas retrouvé de travail et doivent se contenter de moins de 500 euros d'allocations par mois. Pour leur extorquer cet argent, la direction du groupe envoie des huissiers. Elle a même osé réclamer le remboursement à la fille d'une personne décédée !

Ces dommages et intérêts pour préjudice moral avaient été obtenus lors d'un premier jugement des Prud'hommes, en 2010, après une longue lutte des salariés que ce groupe jetait à la porte. Si ces sommes étaient une compensation bien insuffisante par rapport à ce que signifie la perte d'un emploi, elles s'expliquaient par le fait que le groupe Trèves était en bonne santé et ne fermait leur usine, à Aÿ, que pour diminuer au maximum la fabrication en France, délocaliser dans des pays à plus bas salaires, et offrir ainsi à ses clients de l'industrie automobile des équipements à plus bas coût. Ces dommages et intérêts étaient d'autant plus légitimes que le groupe avait touché 55 millions d'aides publiques six mois avant l'annonce de la fermeture.

Le jugement des Prud'hommes avait été confirmé en appel en 2011, mais la direction de Trèves n'en était pas restée là et s'était pourvue en cassation. En mars 2013, la Cour de cassation avait partiellement annulé la décision des Prud'hommes. Tout en reconnaissant que le groupe était en faute en procédant à la fermeture de l'usine d'Aÿ, elle avait demandé le remboursement des sommes perçues au titre de dommages et intérêts. Une décision de justice particulièrement injuste.

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