Behr Lorraine Hambach (Moselle) : Succès partiel de la grève10/11/20102010Journal/medias/journalnumero/images/2010/11/une-2206.gif.445x577_q85_box-0%2C8%2C173%2C232_crop_detail.png

Dans les entreprises

Behr Lorraine Hambach (Moselle) : Succès partiel de la grève

Pendant quatre jours, du 2 au 5 novembre, la majorité des travailleurs de production de l'usine de climatiseurs Behr ont fait grève pour les salaires à l'appel de l'intersyndicale CGT-CFDT-FO. Située près de Sarreguemines en Moselle, sur la zone industrielle où est produite la Smart, l'usine Behr Lorraine est passée en dix ans de plus de 1 000 salariés à environ 500, sans plan de licenciements puisque Behr avait usé et abusé de l'intérim.

Les revendications des grévistes étaient celles défendues par les syndicats lors des négociations annuelles : une augmentation des salaires de 100 euros, le passage de la prime de nuit de 11 % à 20 %.

Face aux demandes des syndicats, la direction avait répondu non à tout. Du coup, le 2 novembre, les travailleurs ont installé un piquet au rond-point desservant la zone industrielle, bloquant les camions et filtrant les voitures individuelles. Rapidement, l'usine de la Smart, privée d'approvisionnement, était mise à l'arrêt.

La préfecture est alors intervenue pour faire libérer le rond-point, la direction assignant 92 salariés en référé au tribunal pour faire cesser le blocage. Puis la direction a fait un trou dans le grillage pour alimenter, par une chaîne humaine de cadres, les ateliers de production de la Smart voisine, ce qui a provoqué des bagarres avec les grévistes, en colère de voir les cadres saboter leur grève.

Le même jour, la direction a fait appel à deux hélicoptères pour alimenter une autre usine du groupe en Alsace à Rouffach. Mais loin de démoraliser les grévistes, cela a accentué leur rage pour continuer la grève. D'autant que les syndicats de Rouffach, jeudi 4 novembre, en solidarité, bloquaient du matériel venant de Lorraine. Un débrayage avait lieu à Rouffach et, en Allemagne, les travailleurs de Mülhacker dans le Bade-Wurtemberg menaçaient également de débrayer. Cette solidarité, plus la gêne qu'occasionnait la grève pour le patron, ont fait que les travailleurs ont tenu bon.

Vendredi 5 novembre, c'est le président de Behr France en personne qui est venu mener les négociations. Après deux heures de discussions dans un hôtel, la direction lâchait 40 euros d'augmentation au 1er janvier, le passage de la prime de nuit de 11 à 14 % et 2,5 % de plus sur la prime de déplacement ainsi que 150 euros de prime d'intéressement, versée fin novembre (au lieu de 100 euros en février). Au piquet, les travailleurs ont refusé cette dernière prime, ils voulaient le maintien des salaires pour les grévistes. Ce que la direction a refusé. Finalement, trois jours sur les quatre seront retenus sur la paye et la direction a abandonné toutes les poursuites pour blocage.

C'est un succès pour les travailleurs de Behr, qui ont relevé la tête et contraint leur direction à reculer et à perdre de son arrogance. Une grève qui n'est sans doute pas étrangère au climat créé par le mouvement contre la réforme des retraites.

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