34e Congrès du PCF : Quels choix pour les militants du PCF ?17/12/20082008Journal/medias/journalnumero/images/2008/12/une2107.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

34e Congrès du PCF : Quels choix pour les militants du PCF ?

Le 34e congrès du PCF, qui se tenait à Nanterre du 13 au 14 décembre, s'est conclu par la réélection de la direction sortante conduite par Marie-George Buffet, secondée par Pierre Laurent et quelques autres, ainsi que par l'adoption du texte présenté par cette équipe. Il a recueilli 68 % des votes des quelque 900 délégués présents à ce congrès.

Ce texte veut se situer sur une position moyenne, refusant de suivre celle défendue par un courant se désignant autrefois comme des « refondateurs » ou des « rénovateurs », qui proposent une rupture nette et définitive avec tout ce qui évoque le passé communiste du PCF, y compris son étiquette, et préconise la constitution d'un nouveau parti rassemblant diverses composantes de la gauche. Mais ce texte se démarque aussi d'une seconde composante, qui revendique non seulement le maintien de l'étiquette communiste, mais un retour aux références de lutte de classe et à la priorité donnée au travail en direction de la classe ouvrière et en son sein. Cependant, les dirigeants de cette tendance ne précisent pas si le passé dont ils se réclament se limite à la période où le PCF était dirigé par Thorez ou Marchais, c'est-à-dire par des partisans eux aussi de la participation du PCF au gouvernement de la bourgeoisie, ou bien s'il s'agit du passé révolutionnaire du PC du début des années vingt.

À l'occasion de ce congrès, le PCF a fait état du nombre de ses adhérents. Ils seraient 134 000, dont 79 000 à jour de leurs cotisations. Et parmi ces derniers, près de 40 000, soit un peu plus de la moitié, ont participé au vote sur les trois textes mis en débat comme à l'élection des délégués. Ces chiffres expriment que, malgré son déclin, le PCF n'en reste pas moins un parti qui pèse encore, non seulement par le nombre de ses militants, toujours important quoi qu'en disent ceux qui annoncent son agonie, voire sa mort, mais qui pèse plus encore par sa présence et son influence dans les entreprises et les quartiers populaires. Et cela, en dépit de son effritement électoral.

Ce déclin est l'un des problèmes qui se pose, au moins depuis 1981, à la direction du PCF. En guise de remède, les dirigeants majoritaires proposent une fois de plus - et y engagent leurs militants - une voie souvent empruntée, qui à chaque fois a conduit à une impasse, pour ne pas dire dans le mur. Ils veulent, malgré ces échecs répétés et les déceptions que cela produit, construire « une alternative de gauche majoritaire ». Les dirigeants du PCF l'ont rebaptisée « Front progressiste et citoyen » devant aboutir, disent-ils, « à créer dans notre pays une majorité de changement ». Ne discutons pas de la possibilité qu'un tel projet prenne corps. Sa réalisation dépend avant tout du choix de la direction du PS, qui a, elle, la possibilité de se choisir comme allié lors des futures échéances électorales soit le PCF, soit le Modem de Bayrou, soit même d'imposer à la direction du PCF de se mettre à la traîne d'un couple PS-Modem. Et encore faudrait-il qu'une telle alliance obtienne une majorité aux élections, et qu'une fois au gouvernement elle gouverne en faveur de la population laborieuse : un ensemble de conditions dont on imagine mal la réalisation. En tout cas, l'expérience passée ne rend pas crédible l'hypothèse qui suppose qu'une telle majorité gouvernerait au service de la population.

Pourtant il y aurait une autre perspective, qui ne présuppose, elle, ni une alliance avec le PS, ni l'attente de la présidentielle de 2012. Celle qui, partant de l'influence que le PCF conserve encore dans les entreprises, dans les quartiers, viserait à impulser les luttes pour les faire converger et regrouper les travailleurs en activité, ceux qui ont perdu leur emploi, les usagers, les parents d'élèves, afin d'impulser un mouvement d'en¬semble qui permette d'imposer un coup d'arrêt à la politique dévastatrice de la droite au gouvernement. Une politique qui viserait à créer un rapport de force capable de faire reculer l'offensive du patronat contre le monde du travail. Cet objectif est à la hauteur de l'offensive subie par la population laborieuse. Et il est bien plus réaliste et efficace que celui qui se conclurait par la mise du PCF et de ses militants, une fois de plus, à la remorque du Parti Socialiste.

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