60 ans de déclaration universelle des Droits de l'homme : hier comme aujourd'hui : une sinistre farce !17/12/20082008Journal/medias/journalnumero/images/2008/12/une2107.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

60 ans de déclaration universelle des Droits de l'homme : hier comme aujourd'hui : une sinistre farce !

Le 10 décembre était célébré le soixantième anniversaire du vote par l'Assemblée générale de l'ONU, en 1948, du document intitulé « Déclaration universelle des droits de l'homme ». Ce qui se passe aujourd'hui à travers le monde a certes amené les chefs d'États des grandes puissances à une certaine réserve, mais la « déclaration universelle » a toujours été, de sa création à aujourd'hui, la manifestation de l'hypocrisie sans limites des brigands qui dirigent cette planète.

À la fin de la Deuxième Guerre mondiale, le vainqueur, les États-Unis, tout en consolidant sa position dominante se posait en « champion des libertés » et mettait sur pied une nouvelle organisation internationale, l'ONU, destinée à légitimer cette domination. En janvier 1947, on confia à la veuve de Roosevelt le soin de rédiger pour l'ONU une déclaration qui pourrait faire impression. Mais c'était au moment où la grande union des vainqueurs de la « démocratie » cédait la place à la Guerre froide, et où le grand allié soviétique devenait le nouvel ennemi à abattre, que cette déclaration fut adoptée. En réalité, elle n'avait comme but que de servir de paravent idéologique à la domination brutale du camp impérialiste.

Sarkozy et les autorités françaises ont tenu à rappeler leur fierté qu'un homme de l'appareil d'État de la France d'alors, Cassin, en ait été un des co-rédacteurs. C'était l'époque où les gouvernements de la France, toutes tendances réunies, du PC à la droite, puis sans le PC mis de côté pour cause de Guerre froide, faisaient la démonstration de ce que voulait dire pour eux la défense des droits de l'homme : massacres de dizaines de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants, en Algérie, à Madagascar, en Indochine, l'emploi systématique de la torture contre tous ceux qui étaient soupçonnés de s'opposer à cette oppression.

Quant aux États-Unis, où les Noirs étaient victimes d'une odieuse ségrégation, ils allaient connaître avec le MacCarthysme une période de chasse aux sorcières contre tous ceux, y compris dans les syndicats et les usines, accusés « d'actvité antiaméricaine ».

Aujourd'hui, rien n'a vraiment changé. Les dirigeants des grandes puissances font toujours régner la terreur sur la planète, foulent au pied les droits élémentaires de tous les peuples. Pour maintenir leur pillage économique, avec les millions de morts de faim ou de maladie que chaque année il entraîne, ils envoient leurs armées ou paient des mercenaires, soutiennent des dictatures féroces, pour maintenir à tout prix leur domination sur tous les continents. L'Irak et l'Afghanistan sont les exemples les plus voyants dans lesquels toutes les grandes puissances posant aux « défenseurs des droits de l'homme » sont compromises. Mais dans bien d'autres pays la première mission civilisatrice des représentants des USA ou de la France a été d'apprendre à leurs sous-fifres locaux, en Afrique ou en Asie, à maintenir leur domination sur leur propre peuple, en recourant à la torture et aux massacres.

Pour défendre les droits de l'homme, ou plutôt les droits humains, c'est-à-dire en n'oubliant pas le droit des femmes opprimées, comme certains le réclament avec raison, on ne pourra compter ni sur les grandes puissances, ni sur leurs déclarations hypocrites, mais sur la lutte des exploités et des opprimés eux-mêmes, de toutes les victimes de ce système capitaliste barbare.

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