Parachutes dorés chez Sanofi-Aventis : les DG également ne manquent pas d'air !

01 Octobre 2008

Le directeur-général du groupe pharmaceutique Sanofi-Aventis, Gérard Le Fur, vient d'être remercié après seulement un an et demi de présence à ce poste. Mais sa prime de fin de contrat est très au-dessus de celle d'un intérimaire qui n'aurait pas fait l'affaire, comme on pourra en juger.

Ce DG avait droit à une indemnité représentant deux fois son salaire annuel, soit un total de 5,41 millions d'euros. Mais le conseil d'administration et l'intéressé ont convenu qu'en raison du peu de temps passé à ce poste, il toucherait « seulement » la moitié de cette somme, soit 2,7 millions d'euros.

Généreux, le conseil y a cependant ajouté une indemnité supplémentaire afin qu'il n'accepte jusqu'au 31 décembre 2010 « aucune mission concurrentielle », c'est-à-dire aucun poste de même type chez un concurrent. À raison de 100 000 euros par mois, il empochera à ce titre 2,4 millions d'euros.

Enfin, il restera salarié de Sanofi comme conseiller scientifique, soit une rémunération de 50 000 euros par mois, et un total de 1,5 million d'euros.

Ces trois modes d'indemnisation représenteront au final une somme de 6,6 millions d'euros. À celle-ci devrait s'ajouter une prime sur l'exercice en cours. Enfin, Gérard Le Fur conservera le bénéfice des stock-options qui lui ont été attribuées pendant qu'il était directeur-général.

Les actionnaires de Sanofi-Aventis étant reconnaissants des profits qu'ils tirent de la fabrication des produits pharmaceutiques, ils ont décidé d'accueillir le nouveau DG, Chris Viehbacher, avec des fanfares également sonnantes et trébuchantes. Celui-ci touchera 1,2 million d'euros par mois, accompagnés d'une rémunération variable égale à 150 ou 200 % de ce montant. Lui aussi pourra empocher deux années de salaire s'il est remercié. En attendant, il bénéficiera du système de retraite de l'entreprise. On lui fera même cadeau de dix années d'ancienneté dès qu'il aura commencé. Et pour le convaincre de quitter son employeur actuel, il aura reçu une prime de 2,2 millions d'euros, une attribution de 65 000 actions gratuites de l'entreprise et 200 000 stock-options.

Et dire que certains salariés vont jusqu'à revendiquer des augmentations de salaires de 300 euros, ils veulent faire couler la boîte !

Jacques FONTENOY