SNCF – accident de Brétigny : L'enquête commence... à quand les solutions ?02/10/20132013Journal/medias/journalnumero/images/2013/10/une2357.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

SNCF – accident de Brétigny : L'enquête commence... à quand les solutions ?

À la radio, lors d'une récente interview, Guillaume Pépy, président de la SNCF, reconnaissait à propos de l'accident de Brétigny : « Oui, il y a une faute », ajoutant en forme d'excuse : « Elle n'est pas intentionnelle. »

Mais Guillaume Pépy ne peut contester les faits, faits qui figurent parmi les causes, même indirectes, de cet accident : espacement de plus en plus long entre deux visites de sécurité du matériel ; contrôles qui ne se font plus suffisamment de façon préventive ; 236 essieux au moins classés comme défectueux mais montés sur des rames appelées à circuler ; failles dans la maintenance et l'entretien du matériel, faute de moyens financiers et humains. Car ainsi se traduit la politique d'économies de la SNCF – elle, bien intentionnelle – , qui a forcément pour corollaire la prise de risques en matière de sécurité.

La direction SNCF sait qu'elle n'est pas blanche. On en a la preuve par le rappel fait par écrit cet été à certains cheminots considérés comme trop bavards : consignes de silence afin de ne pas nuire à l'image de la SNCF ; interdiction de divulguer des informations ; secret professionnel. Ce serait pourtant bien la moindre des choses que les usagers comme le personnel du chemin de fer soient parfaitement informés de la façon dont se fait l'entretien du matériel et de l'importance des moyens humains consacrés à ces tâches. Et s'il y a quelque chose qui n'a rien de secret, c'est bien la façon dont, depuis des années, la direction SNCF mène sa politique de rentabilité et de compétitivité.

Pépy comme tous les hauts cadres ayant pour tâche de faire appliquer sa politique expliquent que la compétitivité impose des économies, à coups de suppressions de postes et de restrictions sur l'ensemble des tâches nécessaires pour faire fonctionner les trains dans de bonnes conditions : sur les travaux d'entretien des voies, des caténaires, des aiguilles, du renouvellement des ballasts, sans parler du parc vieillissant du matériel roulant, voitures, wagons et locomotives.

À Brétigny, ce n'est pas seulement un boulon rouillé ou absent et une éclisse défaillante qui ont fait sept morts et des dizaines de blessés. Ces problèmes avaient d'ailleurs été signalés, mais les pièces n'avaient pas été changées. En dernier ressort, c'est la façon dont la maintenance des installations, leur entretien sont assurés qui est en cause. Et cela relève directement de la responsabilité de la direction de la SNCF ainsi que de celle de RFF (propriétaire des voies depuis 1996).

Aujourd'hui, une enquête est diligentée. Mais elle ne remplacera pas les mesures d'urgence qu'il faudrait imposer à la direction : l'embauche immédiate du personnel suffisant pour effectuer les contrôles nombreux et fréquents sur l'ensemble des installations et du matériel ; la mobilisation immédiate des sommes nécessaires pour procéder à tous les investissements d'entretien, de maintenance et de renouvellement des matériels. Et assez de la politique criminelle d'économies à tout-va sous prétexte de rentabilité du chemin de fer !

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