Intégration scolaire des enfants handicapés : Des économies aux conséquences dramatiques02/10/20132013Journal/medias/journalnumero/images/2013/10/une2357.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Intégration scolaire des enfants handicapés : Des économies aux conséquences dramatiques

La loi de 2005 en faveur des enfants handicapés affirme pour chacun d'eux le droit à une scolarisation en milieu ordinaire au plus près de son domicile. Seulement, les moyens nécessaires à cette scolarisation ont toujours été en dessous de tout.

Ce ne sont pas les grandes déclarations qui ont manqué. Le 22 août encore, le ministre de l'Éducation nationale Vincent Peillon avait de nouveau promis * de nouvelles mesures pour l'accompagnement des élèves en situation de handicap +, et * 8 000 nouveaux accompagnants à la rentrée +. Les promesses ne se sont pas concrétisées et sur le terrain, la situation est catastrophique, même par rapport à l'an dernier. Depuis la rentrée scolaire, beaucoup d'enfants handicapés n'ont pas, ou n'ont plus d'auxiliaires de vie scolaire, les AVS, ces salariés de l'Éducation nationale, mal payés, avec un statut précaire pour l'immense majorité d'entre eux, mais indispensables aux enseignants pour l'accueil des enfants.

Ainsi, dans le 10e arrondissement de Paris, il manque plus de quarante AVS. Avant même les vacances, les parents avaient fait la demande à la Maison des personnes handicapéEs comme cela leur avait été demandé. Les dossiers de chacun avaient été étudiés, les crédits acceptés, certains des AVS avaient même été recrutés, mais aujourd=hui beaucoup de contrats ne sont toujours pas signés.

Résultat : des écoles n'ont pas pu accepter certains enfants qui n'auraient pas été en sécurité dans les classes. D'autres enfants ont été acceptés, mais dans de mauvaises conditions.

Dans une autre école, les parents d'une petite fille ont été obligés de la garder à la maison alors qu'ils travaillent tous les deux. Un autre petit garçon ne comprend pas pourquoi cette année il ne va pas à l'école et pleure tous les matins quand il voit son frère y aller.

À l'école Lancry, où existe une classe spécialisée pour enfants handicapés (CLIS), aucune des quatre AVS prévues n=est arrivée. Une a été recrutée avant l'été, elle a signé un contrat en septembre, qui commencera en octobre. Dans la CLIS, les enfants ont une enseignante remplaçante et pas l'AVS qui devrait la seconder, alors qu'en principe cela est obligatoire.

Pour le rectorat, le ministère et le gouvernement, ce ne sont là que la multiplication de petites économies. Pour les enfants concernés, leurs parents et les enseignants, c'est en revanche une situation dramatique.

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