Immigrés clandestins et marchands de canons : Les deux bouts de la chaîne02/10/20132013Journal/medias/journalnumero/images/2013/10/une2357.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Immigrés clandestins et marchands de canons : Les deux bouts de la chaîne

Chaque jour des immigrants risquent leur vie pour parvenir en Europe. Treize d'entre eux encore se sont noyés au large de l'Italie, le 29 septembre. Quelques jours avant, plusieurs centaines avaient bravé les barbelés, les fossés et les gardes pour pénétrer dans l'enclave espagnole de Melilla, au Maroc. La vidéo où l'on voit ces jeunes escalader les barbelés dans la nuit rappelle les émeutes de prisonniers désespérés ou pire encore.

Mais cela a lieu ici et maintenant. En permanence, franchissant murs ou détroits, des émigrés essaient de passer. Des milliers d'entre eux y laissent la vie chaque année. La cause est connue : la misère pousse ceux qui le peuvent à tenter d'aller vivre ailleurs.

Face à cela les gouvernements des pays riches, riches entre autres parce qu'ils ruinent le reste du monde, opposent la force. Ils vendent des armes et des systèmes électroniques aux dictateurs des pays de misère pour qu'ils puissent retenir les candidats au départ. Ils financent des programmes de surveillance des mers comme Eurosur, entretiennent des camps de rétention, etc.

Lundi 30 septembre encore, Hollande visitait avec le président du Mozambique un chantier naval de Cherbourg. Cette entreprise vient en effet de vendre des navires à ce pays d'Afrique de l'Est, dont six vedettes rapides de surveillance des côtes.

Et les mêmes qui traquent des malheureux avec des navires de guerre valant à eux seuls le prix d'un hôpital, les mêmes qui vendent des vedettes ultra modernes à des pays dont la population va pieds nus, les mêmes qui n'ont pas de mots assez doux ni de chéquiers assez remplis pour les marchands de canons, viendront nous dire qu'on ne peut pas accueillir toute la misère du monde.

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