« Garantie jeune » pour les 18-25 ans : Le gouvernement ne lutte pas contre la pauvreté mais l'entretient02/10/20132013Journal/medias/journalnumero/images/2013/10/une2357.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

« Garantie jeune » pour les 18-25 ans : Le gouvernement ne lutte pas contre la pauvreté mais l'entretient

Depuis le 1er octobre, un nouveau dispositif, la « garantie jeune », est expérimenté dans dix départements. Il est destiné aux jeunes de 18-25 ans sans aucune ressource du fait du chômage et du caractère restrictif des systèmes d'aide existants.

En France, d'après des chiffres officiels qui sous-estiment certainement la situation, plus d'un quart des jeunes de 18 à 25 ans sont condamnés au chômage et aux petits boulots. Ne parvenant pas à travailler suffisamment longtemps, ils ne peuvent prétendre à une allocation chômage. Ils ne peuvent pas non plus percevoir le RSA, réservé aux plus de 25 ans. Depuis 2010, il est cependant possible de bénéficier d'un RSA « jeune actif » en dessous de cet âge, à la condition d'avoir travaillé deux années sur une période de trois ans. Mais la précarité de l'emploi a atteint un tel niveau que moins de 10 000 jeunes peuvent bénéficier de cette allocation.

La nouvelle « garantie jeune » prévoit donc le versement d'une allocation équivalente au RSA (483,24 euros mensuels) à des jeunes chômeurs ne suivant aucune formation et ne pouvant compter sur aucune aide familiale. Leur nombre a été estimé par les services gouvernementaux à 10 000 dans les dix départements testés (les Bouches-du-Rhône, la Seine-Saint-Denis, la Réunion, le Vaucluse, le Lot-et-Garonne, l'Allier, le Finistère, l'Aude, l'Eure et les Vosges). En 2014, une deuxième vague de déploiement dans dix autres territoires (notamment l'Essonne, la Seine-Maritime, le Pas-de-Calais ou encore la Savoie et la Creuse) étendra la mesure à 30 000 jeunes. À terme, le dispositif, généralisé à l'ensemble du territoire, concernerait 100 000 jeunes par an.

Ce chiffre montre le caractère limité de cette mesure, alors même que le Conseil économique, social et environnemental (Cese), dans un avis publié en septembre 2012, citait le chiffre de 356 000 jeunes se trouvant au chômage sans aucune indemnisation.

Que des jeunes puissent percevoir une somme, même limitée, alors qu'ils étaient privés de tout revenu jusque-là, tant mieux et c'est même la moindre des choses, alors qu'ils sont confrontés à un patronat qui licencie et se refuse à embaucher, profitant au contraire du chômage pour leur imposer des contrats précaires et sous-payés. Malgré son nom, cette mesure ne garantira malheureusement aux jeunes, et encore pas à tous, qu'un revenu de misère.

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