Le « sommet social » du 18 janvier : De la poudre aux yeux préparant le pire27/01/20122012Journal/medias/journalnumero/images/2012/01/une2269.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Le « sommet social » du 18 janvier : De la poudre aux yeux préparant le pire

« Tout ça pour ça », a-t-on pu constater à la fin du « sommet social » transformé en « sommet de crise », tenu à l'Élysée le 18 janvier avec Sarkozy, les représentants des grandes confédérations syndicales et ceux du patronat. Commentant l'engagement de Sarkozy de combattre le fléau du chômage, un lecteur du Figaro pouvait faire le commentaire suivant : « 400 millions pour Tapie, 430 millions pour 4,5 millions de chômeurs. Cherchez l'erreur. »

Il faut un culot certain pour présenter les mesures retenues comme des mesures d'urgence en faveur de l'emploi. Les fonds consacrés à la politique de l'emploi ont baissé de plus de 30 % depuis 2010. Certains estiment de 10 à 15 milliards d'euros les économies réalisées, sur des mesures contestables mais qui servaient un peu d'amortisseurs.

Sarkozy annonce l'embauche de 1 000 CDD à Pôle emploi, alors que le plan de 1 800 suppressions d'emplois d'agents qualifiés, initié en novembre 2010, prenait fin à peine deux semaines plus tôt. Il parle de renforcer la formation, mais le gouvernement a entrepris le démembrement de l'AFPA, principal organisme public de formation des chômeurs. Il parle d'offrir une solution d'attente provisoire aux chômeurs, mais le gouvernement a supprimé 300 000 emplois aidés.

Quant à favoriser le chômage partiel en lieu et place des licenciements, cela ressemble à une prière. Il y a des années que le chômage partiel, presque intégralement financé par l'État et l'Unedic, représente une formidable opportunité pour les patrons, qui savent très bien l'utiliser quand cela les arrange. Mais cela ne les empêche en aucun cas de licencier tout ou partie de leur personnel, s'ils trouvent la mesure plus intéressante pour eux. Pour mettre fin aux licenciements des salariés en CDI, comme de ceux en intérim ou en CDD qui en sont les premières victimes et dont on ne parle pas, il n'y aurait qu'une mesure efficace : les interdire totalement et radicalement.

Alors, il faut croire que Chérèque et Mailly, les secrétaires généraux de la CFDT et de FO, étaient vraiment tombés sous le charme de Sarkozy pour avoir parlé d'avancées. FO a ainsi parlé de décisions gouvernementales « répondant à certaines demandes de Force ouvrière » et la CFDT de « mesures utiles pour accompagner les entreprises et les salariés en difficulté ».

Évidemment, la plus enthousiaste a été Parisot, la patronne du Medef, qui s'est réjouie des intentions du gouvernement, déclarant que « beaucoup de sujets ont été abordés avec une ligne directrice claire : la compétitivité de notre pays ». Ce qu'elle appelle la « compétitivité », se rapporte à ses demandes de « baisse du coût du travail » auxquelles devraient répondre les annonces de Sarkozy prévues le 29 janvier. L'augmentation de la TVA permettrait de faire un cadeau au patronat de plusieurs dizaines de milliards de cotisations, et des plans dits de compétitivité-emploi faciliteraient les baisses de salaire.

Se servir de l'augmentation du chômage comme prétexte pour s'attaquer aux droits, à l'emploi et aux salaires des travailleurs, en distribuant des milliards aux patrons, voilà donc ce qui est sorti de ce qui n'était qu'une mascarade.

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