Les ventes de PSA Peugeot Citroën : Une baisse toute relative qui sert de prétexte27/01/20122012Journal/medias/journalnumero/images/2012/01/une2269.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Les ventes de PSA Peugeot Citroën : Une baisse toute relative qui sert de prétexte

PSA vient d'annoncer une baisse de ses ventes mondiales de 1,5 % par rapport à 2010. Immédiatement, le message du patron a été relayé par les directions d'usines : la situation est mauvaise, PSA ne sera pas compétitif et il n'y a pas d'argent en caisse. Ce qui sous-entend que, pour les augmentations de salaire dont les réunions de négociations sont prévues en février, il ne faut pas s'attendre à grand-chose.

Comme d'habitude, la direction fait feu de tout bois pour justifier la continuation du blocage des salaires. Mais la ficelle est cette fois-ci un peu grosse. En effet, quand on y regarde de plus près, les ventes ne sont en baisse que par rapport au chiffre de 2010, qui était un record historique. Cette année-là, en pleine crise économique, PSA battait à nouveau son record de ventes mondiales, avec 3 602 000 véhicules vendus.

En 2011, les ventes n'ont atteint « que » 3 549 000, c'est-à-dire 53 000 de moins. Ce qui n'est quasiment rien. Et PSA se garde bien de donner les vraies explications de ce faible recul.

La direction fait semblant d'oublier qu'elle a payé cher sa politique consistant à faire des économies à outrance sur le dos de ses fournisseurs. L'exemple le plus criant est celui de son fournisseur de vis Agrati, en septembre dernier. Pour faire économiser des frais de transport à PSA, Agrati avait dû précipitamment réorganiser toute sa logistique, tout en supprimant de nombreux emplois. Cette réorganisation avait échoué, entraînant une rupture des approvisionnements de vis par Agrati et paralysant toute la production de PSA pendant quelques jours. De l'aveu des dirigeants de PSA, cette paralysie leur avait fait perdre 45 000 véhicules, non produits et non vendus.

Mais la baisse des ventes provient aussi, en grande partie, du choix de la direction de PSA de refuser de baisser ses prix de vente en Europe de l'Ouest, quitte à vendre moins mais avec des marges plus confortables. On le voit, la baisse des ventes annoncée est donc toute relative.

Alors, quand PSA prétend que la situation va mal, ce n'est qu'un prétexte pour revendiquer auprès de l'État de nouvelles aides, pour tenter de convaincre l'ensemble des travailleurs du groupe que tout va mal et de justifier l'absence d'augmentations de salaire.

Il n'est pas dit pourtant que cette fois-ci les mensonges passent, face à la nécessité pour tous les travailleurs du groupe d'imposer d'importantes augmentations de salaire.

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