Cofinoga -- Mérignac (Gironde) : Des centaines de licenciements pour le profit de la BNP27/01/20122012Journal/medias/journalnumero/images/2012/01/une2269.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Cofinoga -- Mérignac (Gironde) : Des centaines de licenciements pour le profit de la BNP

Vendredi 20 janvier, 200 travailleurs de Cofinoga Mérignac ont débrayé à l'appel de la CGT pour entendre les annonces que la direction devait faire au Comité central d'entreprise, réuni exceptionnellement à Paris, loin des 2 000 salariés de Mérignac.

Cofinoga est spécialisé dans les crédits à la consommation, en particulier les crédits dits revolving. Pendant des années, ses actionnaires ont engrangé des centaines de millions d'euros de bénéfices, 220 millions en 2005-2006 par exemple. Malgré la crise, l'entreprise n'est pas du tout déficitaire : en 2010, elle a encore dégagé un bénéfice de 44 millions d'euros. Mais elle en veut plus et, pour augmenter les marges, elle a décidé de supprimer près de 500 emplois en France.

Cette opération se prépare depuis des mois. En juin, les actionnaires ont installé à la direction de l'entreprise un patron « nettoyeur », venu de la banque italienne Unicredit où il a déjà sévi. Depuis septembre 2011, la direction a entretenu sciemment une ambiance détestable, afin d'essayer de démoraliser les travailleurs avant d'annoncer son plan de suppressions d'emplois. Elle distillait les petits mots, « restructuration », « ajustement des effectifs », ne démentait pas les rumeurs, faisait passer un message catastrophiste sur la situation de l'entreprise. Enfin, vendredi 20 janvier, elle a annoncé sa volonté de supprimer 462 postes, 18 % des 2 500 salariés. 368 des emplois supprimés le seraient sur le site principal, à Mérignac, 44 sur Paris, les autres sur différentes agences dans le pays.

Cofinoga est une filiale à parts égales de BNP Paribas et des Galeries Lafayette. BNP Paribas a fait près de huit milliards d'euros de bénéfices en 2010, l'État et la Banque centrale européenne n'ayant pas ménagé leurs efforts pour sauver ses profits. Et ce serait une fois de plus les salariés qui devraient payer en étant licenciés ? Quant à la centaine de reclassements évoqués, cela ressemble à une mauvaise blague, car ils sont, ou bien fantaisistes, dans les magasins des Galeries Lafayette, ou bien dans des secteurs eux aussi restructurés, comme Cetelem, qui appartient aussi à BNP Paribas. Autant dire que c'est un plan de licenciements de près de 500 salariés qu'a concocté la direction.

Le projet est encore loin d'être passé, car la stupeur s'est rapidement transformée en colère chez nombre de travailleurs. Elle peut et doit gagner tous les travailleurs du site : Cofinoga a largement les moyens de maintenir tout le monde en poste, en prenant sur les bénéfices pour que tous conservent leur salaire, quitte à répartir le travail. Aux dividendes de servir de variable d'ajustement !

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