Martinique : À l'heure du référendum pour le changement de statut06/01/20102010Journal/medias/journalnumero/images/2010/01/une2162.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Martinique : À l'heure du référendum pour le changement de statut

Le 10 janvier, la population de la Martinique est appelée à se prononcer par référendum pour ou contre une transformation de son statut qui l'autoriserait plus ou moins à prendre des décisions localement, à faire des lois, sans en référer à Paris.

Si le oui l'emporte, l'île fonctionnera sur la base de l'article 74 de la Constitution. Elle deviendra une « collectivité » au lieu d'être un département, avec des pouvoirs élargis pour les notables locaux. Dans le cas contraire, l'île restera dans le cadre de l'article 73 de la Constitution, c'est-à-dire que les lois et règlements nationaux seront applicables de plein droit, sous réserve de quelques aménagements, constituant également une forme de pouvoir local.

Entre le 73 ou le 74, les différences sont donc bien minces. Mais les notables et politiciens locaux, pour qui les résultats du vote ne sont pas sans importance quant à la suite de leur carrière, ont pris position et débattu durant des semaines. Les uns, comme le président du Conseil régional et indépendantiste Alfred Marie-Jeanne, ont mis en avant les avantages que donnerait l'article 74 ; les autres, principalement la droite mais aussi la fédération martiniquaise du Parti Socialiste et Serge Letchimy, maire de Fort-de-France et membre du Parti Progressiste Martiniquais, parti fondé par Aimé Césaire, défendent l'article 73.

Du côté des travailleurs et des quartiers pauvres, beaucoup sont plutôt favorables à l'article 74, pensant qu'il est plus logique que les décisions concernant la vie économique et sociale soient prises sur place, plutôt qu'à Paris, à 7 000 km de là.

Cela étant, le sentiment qui domine dans une très grande partie de la population est la méfiance envers l'indépendantisme ou toute forme d'évolution du statut de l'île. Méfiance également envers ce que les politiciens de tout bord vont faire du pouvoir local qu'ils réclament ; car s'ils veulent pouvoir faire des lois locales ou en adapter d'autres, ils se gardent bien de dire lesquelles, dans quel domaine et pour changer quoi ? Les tenants de l'article 74 affirment que ce statut sera plus efficace pour gérer les affaires de la Martinique. Mais ces « affaires » ne sont pas les mêmes, selon qu'on est ouvrier, chômeur, érémiste ou patron, propriétaire de grands domaines agricoles ou encore riche négociant dans l'import-export.

Avec le « 73 » comme avec le « 74 », les nouveaux lieux de pouvoir seront peut-être un peu plus proches des travailleurs et de tous les pauvres de Martinique. Reste que pour obliger les responsables à agir dans le sens des intérêts populaires, il faudra que ceux-ci demandent des comptes et fassent entendre leur voix.

Partager