Projet de fusion Assedic-ANPE : Plus de pressions sur les chômeurs26/09/20072007Journal/medias/journalnumero/images/2007/09/une2043.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Projet de fusion Assedic-ANPE : Plus de pressions sur les chômeurs

Annoncé lors de la campagne des présidentielles et relancé dernièrement par Sarkozy, le projet de fusion des Assedic et de l'ANPE a laissé perplexe bien des travailleurs. Qu'est-ce qui se cache derrière tout cela ? Assurément rien de bon !

Les Assedic ont été mises en place par de Gaulle en 1958, en vue d'assurer le versement d'allocations aux chômeurs, très peu nombreux à l'époque, à l'aide d'un fonds alimenté par les cotisations des salariés et des patrons. Les caisses régionales d'Assedic et leurs six cents guichets, regroupées au sein de l'Unedic, assurent le paiement des allocations qui proviennent pour l'essentiel des cotisations, à hauteur de 4,04 % du salaire pour la part dite patronale, et de 2,44 % pour la part dite salariale. Cela représente annuellement 31 milliards d'euros, gérés paritairement par les syndicats et le patronat.

L'ANPE, elle, est un organisme para-public, créé en 1967, à l'époque où le chômage a commencé à apparaître, chargé du placement des chômeurs et placé sous la responsabilité du ministre du Travail. L'agence regroupe plus de 30 000 salariés, chargés de prospecter pour trouver des emplois et de les proposer aux demandeurs d'emploi. C'est l'ANPE qui est chargée de contrôler les chômeurs.

Aujourd'hui, si les Assedic comme l'ANPE peuvent décider de suspendre provisoirement les allocations, la décision définitive de sanction contre un chômeur est prise par le préfet. Les décisions qui sont du seul ressort des Assedic peuvent être soumises à une commission paritaire syndicats-patronat.

Chaque mois, des dizaines de milliers de demandeurs d'emploi sont radiés des listes de l'ANPE et privés d'allocation, même si la plupart ne le sont qu'à titre provisoire. C'est le résultat des directives et des pressions qui s'exercent sur l'ANPE, malgré les réticences d'un grand nombre d'agents. Quant à fournir des emplois autrement qu'au compte-gouttes, alors que les patrons les détruisent en permanence, partout et sans discontinuer, inutile de dire que c'est mission impossible pour l'agence.

Mais ce qui intéresse le gouvernement, c'est sans doute le contrôle des 31 milliards d'euros de cotisations, au moment où il cherche le moyen de financer ses cadeaux au patronat. Et puis, grâce à cette fusion, il peut viser à réduire les frais de personnel des 30 000 agents de l'ANPE, payés sur les finances publiques. Des militants syndicaux observaient que la fusion opérée en Grande-Bretagne avait permis de réduire de 25 % les effectifs existants.

Enfin, au travers de ces restructurations, le gouvernement pourrait exercer encore plus de pressions sur les personnels pour qu'ils radient plus largement les chômeurs, ou fassent accepter à ces derniers n'importe quel travail à n'importe quel salaire.

Ce ne sont pas des procès d'intention, c'est la simple traduction de ce que le gouvernement veut dire quand il parle de rendre les salariés des ANPE et des Assedic plus " compétitifs et plus efficaces ", ou quand il annonce qu'il veut " rendre plus fluide le marché du travail ".

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