Mesures contre les préretraités et les chômeurs les plus âgés : Les salariés de plus de 55 ans seront les seules victimes26/09/20072007Journal/medias/journalnumero/images/2007/09/une2043.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Mesures contre les préretraités et les chômeurs les plus âgés : Les salariés de plus de 55 ans seront les seules victimes

Le gouvernement devrait prendre une série de mesures visant, selon lui, à limiter le déficit de la branche vieillesse de la Sécurité sociale, voire à améliorer l'emploi des salariés de plus de 55 ans. Mais elles risquent surtout d'encourager les licenciements purs et simples de ces travailleurs.

Depuis des années les patrons licencient massivement, et parfois systématiquement, leurs salariés de plus de cinquante-cinq ans, voire de cinquante ans. Pour les patrons, ceux-ci sont usés à la tâche et leurs salaires trop élevés.

Le gouvernement précédent a abrogé la loi qui mettait quelques entraves aux licenciements de salariés de plus de cinquante ans. Celui d'aujourd'hui voudrait décourager les patrons de proposer des mesures comme les préretraites (maison ou FNE), qui atténuent la brutalité des licenciements purs et simples. Ces préretraites seraient plus taxées qu'à l'heure actuelle.

Dans la dernière période, le nombre de préretraites d'État accordées dans le cadre du FNE a déjà été réduit à la portion congrue, sauf pour les grands groupes industriels. Mais les licenciements de salariés les plus âgés n'ont pas diminué pour autant. Le seul résultat des mesures envisagées serait qu'à la place de ces préretraites les patrons seraient tentés de recourir aux licenciements ordinaires, avec au bout de 36 mois la fin des droits au chômage. Le licencié serait réduit à toucher l'ASS ou le RMI. Il ne toucherait même rien au cas où les ressources de son foyer dépasseraient le seuil fixé, pourtant très bas.

En plus de ce qui précède, Sarkozy veut mettre fin dans un délai rapproché aux " dispenses de recherche d'emploi ", en vigueur pour les chômeurs de plus de 57 ans et demi, voire de 55 ans pour certains, qui du coup ne sont pas comptabilisés dans les statistiques officielles du chômage. Avec les préretraites ceux-ci représentent plus de 25 % du total des chômeurs. Personne ne leur propose du travail, et surtout pas les entreprises. Ils pourraient dorénavant être totalement rayés des listes en invoquant " le manque d'effort dans la recherche d'un emploi ", prétexte légal qui permet d'enlever aux chômeurs leurs allocations et du coup les droits à la retraite qui y sont attachés.

Enfin, le journal économique L'Expansion vient de donner des détails supplémentaires sur les mesures préparées contre les préretraités. Ceux-ci devraient tous payer, sans exception, une CSG à 7,5 %, alors qu'ils ne payaient pas de CSG s'ils touchaient une allocation inférieure au smic, ou bénéficiaient de taux réduit à 3,8 % ou 6,2 % selon leurs ressources. Toutes ces mesures n'auront aucune influence sur le prétendu déficit artificiel de la caisse retraite des salariés. Il suffirait pourtant que l'État cesse d'en détourner chaque année quelque 6 milliards, puisés dans cette caisse pour alimenter les retraites des autres régimes (artisans, agriculteurs, travailleurs indépendants...), alors que cela devrait être à sa charge.

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