Israël-Palestine : Les dirigeants israéliens usent du droit du plus fort17/04/20142014Journal/medias/journalnumero/images/2014/04/une2385.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Israël-Palestine : Les dirigeants israéliens usent du droit du plus fort

Le gouvernement israélien a annoncé, jeudi 10 avril, le gel du reversement à l'Autorité palestinienne des taxes douanières et de la TVA prélevées sur les marchandises transitant par Israël mais que l'État israélien doit transférer aux Palestiniens.

« Piraterie », « vol des fonds du peuple palestinien », c'est ainsi qu'à juste titre un représentant de l'Autorité palestinienne a dénoncé cette décision. Ces rentrées qui se montaient à près de 80 millions d'euros par mois représentent les deux tiers du budget de l'Autorité palestinienne et lui sont indispensables en particulier pour payer ses quelque 150 000 fonctionnaires. Cette décision peut entraîner à court terme la faillite financière de l'Autorité palestinienne, avec de nombreuses conséquences pour la population, ne serait-ce qu'en privant toute une fraction des Palestiniens de leur seul revenu.

Ce n'est pas la première fois que l'État israélien a recours à ce moyen de pression, qui témoigne du mépris et du cynisme dont il est coutumier à l'égard des Palestiniens. Dans le même temps, le gouvernement israélien a annoncé le plafonnement des dépôts bancaires palestiniens dans ses établissements financiers et la suspension de sa participation au développement d'un champ gazier au large de la bande de Gaza. Ces décisions montrent la réalité de la prétendue « relance du processus de paix » initiée par la diplomatie américaine.

Depuis juillet 2013, le secrétaire d'État américain John Kerry avait fait pression pour relancer des négociations directes israélo-palestiniennes, qui se sont apparentées autant que les précédentes à une sinistre mise en scène, la colonisation de la Cisjordanie ne connaissant aucune interruption. Seule concession israélienne, l'engagement avait été pris de libérer en quatre phases 104 prisonniers palestiniens, arrêtés avant la signature des accords d'Oslo en 1993 et enfermés donc depuis plus de vingt ans.

Ne voyant que des avantages au maintien du statu quo, les dirigeants israéliens exigeaient que les négociations se poursuivent au-delà de la date butoir fixée au 29 avril, se heurtant au refus des négociateurs palestiniens de se prêter davantage à cette comédie diplomatique. Afin de faire pression sur ces derniers, le gouvernement israélien a repoussé la libération du dernier groupe de prisonniers palestiniens. Le président palestinien, Mahmoud Abbas, a riposté en signant le 1er avril la demande d'adhésion de la Palestine à quinze conventions et traités internationaux, relançant ainsi ses démarches en vue de faire reconnaître l'existence de l'Autorité palestinienne en tant qu'État souverain.

C'est donc dans cette épreuve de force que se situent les dernières mesures de rétorsion décidées par l'État israélien. Celui-ci sait pouvoir compter sur la passivité, voire la bienveillance des grandes puissances, et en particulier de l'impérialisme américain qui ne lui a jamais retiré son soutien. D'ailleurs Kerry, qui limitait ses ambitions depuis quelque temps à obtenir une prolongation des négociations, n'est peut-être pas mécontent de voir les négociateurs israéliens employer de tels moyens pour y parvenir.

Le prétendu droit international dont les grandes puissances sont si promptes à se prévaloir se réduit en réalité à la loi du plus fort. L'occupation des territoires palestiniens par Israël le démontre tous les jours depuis près de cinquante ans.

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