Expulsions : Valls dans les pas de Sarkozy17/04/20142014Journal/medias/journalnumero/images/2014/04/une2385.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Expulsions : Valls dans les pas de Sarkozy

Manuel Valls est fier d'avoir expulsé manu militari, depuis deux ans, plus de sans-papiers que dans les années Sarkozy. Par contre, il a dû être mécontent que l'Insee publie que, en 2013, 12 000 sans-papiers de plus qu'en 2012 ont bénéficié d'une « admission exceptionnelle au séjour ».

Aussi, en juin, juste après les élections européennes, il a prévu de durcir les conditions d'admission et de régularisation des réfugiés demandeurs d'asile en France.

Valls veut accélérer les procédures d'examen des demandeurs. Il estime qu'elles durent trop et que si, dans un premier temps, l'Ofpra (Office français de protection des réfugiés et des apatrides) déboute 75 % des demandeurs, soit 45 000 chaque année, ceux-ci abusent des procédures et des recours juridiques au nom des droits de l'homme pour se maintenir dans le pays. Ainsi, ils peuvent finir par obtenir une régularisation.

Pour Valls, la chasse aux sans-papiers commence donc par les restrictions du droit d'asile. Pourtant, la France est aujourd'hui le pays d'Europe qui accorde le moins de titres de séjour par rapport à sa population : 200 000 par an, même pas 0,5 % de sa population. Et la majorité de ces régularisations sont faites parce qu'il existe des lois européennes et internationales au titre des regroupements familiaux, de la maladie, du travail et des études. De plus, la plupart du temps, ces régularisations sont précaires puisque les cartes de résidents de dix ans ne sont quasiment plus délivrées.

À l'Assemblée nationale, Valls se déclarait fier d'être devenu le Premier ministre du pays qui l'a accueilli, enfant d'origine espagnole. Mais aujourd'hui, il ferme la porte derrière lui à 400 000 personnes sans papiers qui vivent et travaillent en France, et aux réfugiés qui fuient des guerres et des famines.

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