Hôpital Ambroise-Paré - Boulogne-Billancourt : Une grève reconductible de l'ensemble du personnel hospitalier a débuté le lundi 23 novembre à l'hôpital Ambroise-Paré à Boulogne-Billancourt. Cela à l'initiative du personnel soutenu par l'intersyndicale CGT25/11/20092009Journal/medias/journalnumero/images/2009/11/une2156.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Hôpital Ambroise-Paré - Boulogne-Billancourt : Une grève reconductible de l'ensemble du personnel hospitalier a débuté le lundi 23 novembre à l'hôpital Ambroise-Paré à Boulogne-Billancourt. Cela à l'initiative du personnel soutenu par l'intersyndicale CGT

Les effectifs en personnel sont totalement insuffisants : la direction générale de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris prévoit que l'hôpital fonctionne avec 1 403 emplois pour l'année 2009 contre 1 488 postes effectifs en 2006. Cela ne permet plus aux services de fonctionner normalement, la charge de travail étant devenue insupportable malgré la fermeture de lits (une aile par étage de l'hôpital).

Ainsi, on demande de plus en plus souvent aux infirmières qui commencent leur journée à 6 h 45, d'enchaîner sur une deuxième journée de travail et de finir à 22 h au lieu de 13 h ! Les changements de planning à la dernière minute sont incessants, le personnel devrait être disponible 24 heures sur 24, avec des suppressions inopinées de journées de repos et toutes les difficultés d'organisation familiale que cela implique. Les conditions de sécurité ne sont plus assurées pour les patients et le personnel. Et les erreurs peuvent survenir lorsque le personnel est débordé, fatigué, surchargé, stressé.

Le ras-le-bol a débouché sur la grève actuelle, avec occupation du hall de l'hôpital et une assemblée générale quotidienne qui a regroupé 150 personnes en moyenne. Les agents exigent de la direction qu'elle recrute le nombre d'infirmières et d'aides-soignants nécessaires pour revenir à 1 488 postes. Le personnel s'est organisé pour mettre en rapport l'activité de l'hôpital avec l'effectif du personnel présent, avec fermeture temporaire des lits. En pratique, chaque patient quittant un service n'est pas remplacé, les lits et les matelas étant descendus dans le hall et gardés par les grévistes qui se relaient 24 heures sur 24. Une organisation est proposée service par service : tant de lits pour tant d'infirmières. Les patients dont l'hospitalisation est programmée obtiendront une date ultérieure, seules les urgences médicales sont prises en charge, avec un transfert autant que possible vers les autres hôpitaux, sans toutefois mettre en danger les patients.

Face à ce mouvement, la direction répond pour l'instant en inventant des personnels fantômes : elle compte les personnes en congé-maladie ou maternité ou encore parties à la retraite et non remplacées. Elle joue également la division entre les différentes catégories de personnel ; ainsi un médecin qui voulait se déclarer gréviste s'est vu rétorquer qu'il n'y avait pas de préavis de grève spécifique pour le personnel médical. Elle n'hésite pas non plus à essayer de diviser les services, arguant que « l'hôpital de jour fonctionne dans le luxe » ; heureusement le personnel de l'hôpital de jour a pu rétablir la vérité à l'assemblée générale en expliquant les pénuries auxquelles il devait faire face quotidiennement.

En tout cas, l'ensemble du personnel de l'hôpital doit être au coude à coude dans la lutte pour obtenir des recrutements, en espérant que le mouvement s'étende aux autres hôpitaux, dans lesquels il existe déjà des agents en lutte, comme par exemple à l'hôpital Saint-Antoine pour la sauvegarde de la maternité.

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