Loi sur les monuments historiques : Les parlementaires au travail25/11/20092009Journal/medias/journalnumero/images/2009/11/une2156.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Loi sur les monuments historiques : Les parlementaires au travail

Le 12 novembre, les députés ont adopté un amendement à la loi de finances de l'année 2010, permettant à l'État de confier les monuments historiques dont il est propriétaire aux collectivités territoriales intéressées. Ce vote n'a pas donné lieu à un long débat ni à beaucoup de commentaires. Il fait partie du tout venant, du quotidien de ce que les députés appellent le « travail parlementaire » et qui consiste à régler les affaires petites et grandes des possédants.

En l'espèce, il s'agit d'une nouvelle tentative de l'État de se défausser sur les collectivités territoriales d'une dépense qui relève du service public : la gestion d'un certain nombre de bâtiments classés « monuments historiques » et dont l'ouverture payante au public ne suffit pas à couvrir les frais d'entretien. Le fait que l'État accorde de substantielles réductions d'impôts aux propriétaires privés de châteaux classés n'est pas en discussion. Ce gouvernement impose des économies sur tout, sauf les privilèges des possédants.

Certains députés ont fait remarquer que l'économie obtenue par cet amendement ne sera pas bien grande. En effet on peut se demander quelle commune ou quel département acceptera volontairement une dépense supplémentaire pour la seule gloire d'en décharger le budget national ? À moins que l'amendement actuel ne soit qu'une entrée en matière, préparant l'obligation future pour les collectivités territoriales d'avoir à entretenir les monuments historiques sis sur leur territoire.

Il est vrai que, lors du débat parlementaire, un député a suggéré une autre explication. Il a indiqué qu'au moins un département, celui des Hauts-de-Seine, fief de Sarkozy et paradis des promoteurs immobiliers, serait intéressé par un monument historique, le parc de Saint-Cloud et ses 460 hectares de jardins dessinés par Le Nôtre, situés en bordure de Seine et à proximité immédiate de la Défense.

Et en effet, il ne serait après tout pas étonnant que ce parc, qui a intéressé le Roi Soleil, intéresse aussi le président et ses proches, tant ils sont habitués à considérer que ce qui est le nôtre doit devenir le leur.

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