France Télécom : Richard du privé et Richard du public13/05/20092009Journal/medias/journalnumero/images/2009/05/une2128.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

France Télécom : Richard du privé et Richard du public

Stéphane Richard, bras droit de la ministre des Finances Christine Lagarde, devrait quitter son poste prochainement pour entrer à la direction de France Télécom avant d'en prendre la tête d'ici quelque temps.

Il avait commencé sa carrière en 1991 sous la présidence de Mitterrand comme conseiller technique auprès de Dominique Strauss-Kahn, à l'époque ministre de l'Industrie et du Commerce extérieur des gouvernements Cresson et Bérégovoy. Mais en 1992, la direction financière de la Compagnie générale des eaux, future Vivendi puis Veolia, l'avait recruté comme « chargé de mission ». Placé à la tête du promoteur immobilier du groupe, le futur Nexity, il le vendit à un fonds d'investissement, ce qui lui permit de faire fortune, avant d'être nommé, en 2003, à la tête de la branche transport (Connex, puis Veolia Transport). Entre-temps, en 2002, il était devenu aussi administrateur de France Télécom, dont la privatisation avait commencé cinq ans plus tôt sous la direction d'un certain... Dominique Strauss-Kahn, à l'époque où il était ministre de l'Économie et des Finances du gouvernement Jospin.

En février 2007, Stéphane Richard était encore un homme de Veolia quand Sarkozy lui remit la Légion d'honneur, vantant la richesse de son appartement et terminant ainsi son discours : « Toi, tu as fait fortune, la mienne viendra peut-être un jour ». Sa bonne fortune acquise dans l'immobilier lui valut aussi, en mai 2007, un redressement fiscal à hauteur de 55 années de smic. Ce qui ne l'empêcha pas l'été venu d'être nommé directeur du cabinet de Borloo, ministre des Finances, auquel succéda Lagarde.

Avec l'annonce de sa nomination prochaine comme directeur général délégué de France Télécom, la boucle est bouclée dans une carrière, somme toute classique, le menant des cabinets ministériels de gauche à ceux de droite et au privé. Il est vrai qu'un serviteur du capital privé qui fait des incursions au service de l'État ne quitte jamais vraiment son maître.

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