Lire : Po-on de Francisco Sionil José06/04/20012001Journal/medias/journalnumero/images/2001/04/une-1708.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C166%2C228_crop_detail.jpg

Divers

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Ce roman débute alors que l'archipel des îles philippines est colonisé par l'Espagne depuis trois siècles.

A la fin du 19e siècle, dans le petit village de Po-on, dans l'une de ces îles, une famille de paysans s'échine sur des terres appartenant, comme toute l'île, à un ordre religieux espagnol. L'exploitation est impitoyable. Qui détourne un peu de riz, ou même est seulement soupçonné de vol est cruellement puni et mutilé. Lorsque le rendement est insuffisant, les paysans sont expulsés loin des terres qu'ils ont arrachées à la forêt et péniblement mises en valeur.

Après un geste de révolte, un vieux paysan, sa famille et ses proches doivent fuir la répression. Poursuivis par la "garde civile , certains périssent dans une nature hostile tandis que d'autres atteignent de nouvelles terres où ils espèrent recommencer une autre vie.

L'installation des paysans dans leur nouveau village coïncide avec un tournant de l'histoire des Philippines. Les îles changent de maître et passent sous contrôle américain. A cette époque, toute une bourgeoisie locale souhaitait échapper à la tutelle espagnole. La guerre entre les Etats-Unis et l'Espagne à propos de Cuba fournit l'occasion. Alors que l'escadre américaine détruisait la flotte espagnole au large de Manille, les républicains philippins proclamèrent l'indépendance "sous la protection de la puissante et généreuse nation nord-américaine ... qui ne tarda pas à démontrer qu'elle était certes très puissante mais contre les peuples, tout comme les occupants espagnols précédents. Après s'être fait céder les Philippines par l'Espagne, les Etats-Unis envoyèrent un corps expéditionnaire de 126 000 hommes qui reprit le territoire aux républicains, avec des méthodes qui avaient fait leurs preuves dans les guerres contre les Indiens. 200 000 Philippins périrent dans cette guerre sanglante et inégale.

Le roman de F. Sionil José n'évoque l'enchaînement de tous ces événements qu'à travers les échos très assourdis qui parviennent à la communauté paysanne, qui a tôt fait de découvrir que les exactions des nouveaux conquérants n'ont rien à envier à celles de leurs prédécesseurs espagnols.

Le roman dépeint de façon intéressante la vie des paysans philippins, leur combat incessant pour arracher de quoi se nourrir à la terre et à leurs oppresseurs, ainsi que les colonisations successives.

Daniel Mescla

Po-on de F.Sionil José, Editions Fayard, 366 pages, 138F

Le "trafic" de ce film, c'est le commerce de la drogue, de part et d'autre de la frontière américano-mexicaine. Dans un va-et-vient entre trois lieux, une grande ville du nord des USA, le Mexique et la frontière, on en voit les différents aspects, et les personnages mêlés à ce trafic.

Aux USA, le personnage incarné par Michael Douglas vient d'être nommé par le président à la tête de la lutte contre la drogue. Les politiciens lui prodiguent des conseils pas vraiment désintéressés. Mais pendant ce temps sa propre fille bascule dans la toxicomanie, et tout "Monsieur Drogue qu'il soit, il s'avère totalement désemparé. Incapable de l'empêcher de s'enfoncer, il se lance à sa recherche dans les ghettos pauvres, aussi perdu que n'importe quel père de famille.

Du côté mexicain, ce sont les grossistes, les "cartels" qui commercialisent la drogue. Deux petits policiers qui croient lutter contre ceux-ci intègrent à leur corps défendant l'équipe d'un inquiétant général, chargé officiellement de mener la lutte. Ils s'aperçoivent peu à peu que celui-ci n'est que l'instrument d'un cartel contre un autre. Toutes les arrestations dans lesquelles il les implique n'ont d'autre but que de faire place nette.

Enfin, entre les deux pays, il y a la frontière, où ceux qui contrôlent le passage de la drogue font fortune. L'un d'eux venant d'être arrêté, sa femme découvre que les honnêtes affaires dont il lui avait parlé n'étaient que la face émergée de l'iceberg. Le seul but de ces entreprises était de blanchir l'argent sale. Elle se remet cependant vite, et reprend à son compte les trafics de son époux, histoire de conserver son compte en banque garni et sa belle villa.

A travers ces trois histoires qui s'entrecroisent, le film met en scène les différents personnages impliqués dans cette industrie de la mort. Il essaie de le faire de manière réaliste, et c'est ce qui en fait l'intérêt.

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