Proche-Orient : L'État palestinien et le refus permanent d'Israël21/09/20112011Journal/medias/journalnumero/images/2011/09/une2251.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Proche-Orient : L'État palestinien et le refus permanent d'Israël

Vendredi 23 septembre, le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, devrait remettre au Conseil de sécurité des Nations unies une demande d'adhésion d'un État palestinien, avant de poser la même question à l'Assemblée générale.

Au Conseil de sécurité, formé de quinze membres, il y a peu de chances, pour ne pas dire aucune, que la demande soit satisfaite mais il n'est pas sûr qu'il en soit ainsi à l'Assemblée générale où siègent les représentants de 193 pays. D'où l'inquiétude d'Israël mais aussi celle de son principal allié, les États-Unis.

Un porte-parole du gouvernement israélien a de suite affirmé, avec toute la morgue dont sont capables ceux-là mêmes qui privent la population palestinienne de ses principaux droits, dont celui d'avoir un État qui lui soit propre, qu'un vote en faveur de l'intégration à l'ONU d'un État palestinien par la seule Assemblée générale n'aurait pas de signification, car cette assemblée, a-t-il poursuivi, est capable de voter n'importe quoi. Il n'empêche que la crainte d'un désaveu de la politique israélienne et de la confirmation publique de son isolement diplomatique taraude non seulement les dirigeants israéliens mais aussi leur tuteur américain, qui voudrait bloquer la démarche de Mahmoud Abbas en usant de son droit de veto et en menaçant aussi de couper les quelques fonds qu'il octroie à l'Autorité palestinienne.

Les reproches faits par les gouvernements israélien et américain à la demande des dirigeants palestiniens relèvent d'une totale mauvaise foi. Il leur est reproché de vouloir imposer une décision unilatérale, alors que la paix devrait être le fait d'un accord entre les deux parties, israélienne et palestinienne. Mais qui a toujours refusé de reconnaître les droits des Palestiniens, si ce n'est Israël ?

Ce ne sont certes pas les prétendus processus de paix qui ont manqué. Il y eut d'abord le processus de paix initié par les accords d'Oslo, puis en 2003 le processus de paix dit de la Feuille de route piloté par les USA, la Russie, l'ONU et l'Union européenne, et en 2007 un nouveau processus de paix sorti de la conférence d'Annapolis. Mais tous ces pseudo-processus de paix furent des mystifications, des voiles vite déchirés qui ne purent jamais masquer la politique de dépossession et d'apartheid qu'Israël a de tout temps imposée dans les territoires palestiniens et, en Israël même, à l'égard des Arabes israéliens. Tous ces prétendus processus de paix ont été ponctués d'actions d'une extrême violence, si ce n'est d'actes de guerre quand les Palestiniens se dressaient contre l'oppression. Les opérations Rempart, Arc-en-ciel, Pluie d'été, Plomb durci, sont plus que toutes autres révélatrices de la violence exercée par les gouvernants israéliens, dès lors que les Palestiniens revendiquaient les droits qui leur sont niés.

La reconnaissance onusienne, si reconnaissance il y a, n'aura évidemment aucun impact sur le terrain. Le mur de séparation se dressera toujours, le blocus de Gaza se maintiendra, les ravages causés par les colonies israéliennes sur les terres palestiniennes continueront, le sort des réfugiés ne sera pas résolu, ni celui des milliers de prisonniers palestiniens qui croupissent dans les geôles israéliennes. La reconnaissance demandée par Mahmoud Abbas est avant tout symbolique et s'inscrit dans une volonté de provoquer une reprise des négociations. D'ailleurs Abbas a été très précis à ce sujet en déclarant : « Les négociations demeurent notre option principale mais, en raison de leur échec, nous sommes aujourd'hui contraints d'en appeler à la communauté internationale afin qu'elle nous soutienne. » De ce soutien ne sortira certainement pas « l'opportunité d'un réglement pacifique et juste du conflit », comme le voudrait Abbas, mais il confirmera au moins que les Palestiniens doivent avoir comme les autres peuples le droit de disposer d'eux-mêmes, en dépit de la volonté d'Israël de ne pas leur reconnaître ce droit, une volonté qui bénéficie de la complicité permanente des grandes puissances.

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