La Poste (Paris 14e) : Les grévistes ont su se faire respecter01/04/20042004Journal/medias/journalnumero/images/2004/04/une1861.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

La Poste (Paris 14e) : Les grévistes ont su se faire respecter

Lundi 29 mars, les facteurs de La Poste Paris 14 en grève ont arrêté leur mouvement, commencé le 16 mars contre la volonté de la direction de supprimer près de 60 emplois (sur 200), contre la fin du système "un samedi de repos sur deux" et contre la suppression des six jours de repos ARTT obtenus au moment des 35 heures.

La grève avait commencé le 16 mars, avec près de 150 facteurs en grève (70%) lors d'une journée d'action de tous les postiers de Paris contre les suppressions d'emplois. Dans les deux ans, 1000 emplois de facteurs doivent disparaître sur 5000 à Paris et un millier d'autres dans les centres de tri, les guichets... Préparée depuis plusieurs semaines, la journée du 16 mars avait été diversement suivie: entre 15 et 40% de grévistes dans les autres centres de distribution.

À Paris 14, où la restructuration est prévue en mai, les projets de la direction ont suscité un mécontentement important. Le lundi 15 mars, par exemple, le personnel avait massivement rejeté les deux scénarios proposés par la direction, boycottant le vote organisé par celle-ci, votant massivement pour les revendications du préavis de grève.

Le 17 mars et les jours suivants, la grève continuait avec moins de grévistes. Le vendredi 19, il en restait 45 et la direction pensait que la grève allait s'arrêter. Mais les grévistes votaient la grève jusqu'au lundi. Ce jour-là, en s'adressant à leurs collègues par dessus le barrage antigrève de la direction, ils entraînaient une quinzaine de facteurs en grève pour la journée.

Pendant toute la semaine qui suivit, les grévistes ont manifesté dans les rues du 14e arrondissement, en direction de la mairie, bloquant la circulation dans les rues commerçantes. Ils ont eu le soutien de toute une partie de la population. Et mercredi 24, c'est aux collègues facteurs du 16e, eux aussi bientôt touchés par une réorganisation, que nous avons rendu visite.

La mairie (PS) a apporté son soutien aux grévistes. Il faut dire que de plus en plus de gens se plaignent, y compris à la mairie, de la détérioration de la distribution du courrier due au manque de personnel: depuis six mois, il manque régulièrement une dizaine de facteurs tous les jours sur 143 tournées.

La direction a multiplié les intimidations et les tentatives de dissuasion: présence d'un huissier tous les matins pour empêcher les grévistes de rentrer et de s'adresser à leurs collègues; piquet antigrève organisé par la direction avec une vingtaine de cadres et de directeurs de tous les autres centres courrier du sud de Paris; ouverture d'un centre de tri et de distribution parallèle avec des CDD; distribution des lettres recommandées par des chefs venus d'autres arrondissements; menaces de sanctions disciplinaires pour les assemblées générales organisées à Paris16; refus d'ouvrir les négociations tant que le travail n'avait pas repris.

Vendredi 26, la grève était de nouveau votée pour tout le week-end, la reprise du travail n'ayant lieu que le lundi 29. Enfin ce jour-là, la direction a accepté de négocier:

  • Une cinquantaine d'emplois sont supprimés (sept sont maintenus grâce à la grève);
  • la formule "un samedi sur deux" est supprimée;
  • cinq jours de repos ARTT sont maintenus sur six (ils devaient tous disparaître);
  • il n'y a aucune sanction pour fait de grève;
  • huit jours de grève sont comptabilisés (sur 13) et les retenues étalées sur trois mois.
  • Certes la direction n'a pas cédé plus. Les facteurs en grève étaient peu nombreux (une cinquantaine sur 200). Et surtout la colère ne s'est pas manifestée dans les autres centres de distribution. Mais les facteurs ont montré qu'ils entendaient se faire respecter.

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