En France comme aux États-Unis : la gauche ouvre la voie à la droite16/11/20162016Journal/medias/journalarticle/images/2016/11/p4_sarkotrump_dessin_Lupo_0.jpg.420x236_q85_box-0%2C95%2C729%2C505_crop_detail.jpg

Leur société

En France comme aux États-Unis : la gauche ouvre la voie à la droite

L’élection de Trump a ravivé en France la crainte d’une victoire de Le Pen à l’élection présidentielle. Les dirigeants des partis de gauche cherchent à l’utiliser pour justifier leur existence politique et leur candidature en mai 2017.

Illustration - la gauche ouvre la voie à la droite

Hollande et ses soutiens y voient la confirmation de la nécessité d’un ralliement de toute la gauche derrière sa candidature. « La gauche est prévenue ! Continuons nos enfantillages irresponsables, et ça sera Marine Le Pen », a déclaré Cambadélis, le premier secrétaire du Parti socialiste. Mais si Hollande et le PS, bien plus encore que les démocrates aux USA, sont complètement discrédités, c’est la conséquence de leur politique à la tête du pays. C’est pour éviter de discuter de cela, et de leur responsabilité dans l’appauvrissement des classes populaires, qu’ils manient l’épouvantail de l’extrême droite et d’un effet Trump à la française, pour tenter de refaire l’unité de la gauche derrière eux.

Quant à Valls, qui prépare une possible candidature, l’élection de Trump lui aurait fait réaliser qu’« il y a encore une majorité d’ouvriers et d’employés en France ». Quelle découverte ! Mais sous quelle pierre était-il donc caché pendant que des centaines de milliers de travailleurs manifestaient leur rejet de la loi travail ? Cette élection lui évoque par ailleurs « le besoin de frontières, de réguler l’immigration, de combattre le terrorisme ». Rien de nouveau donc : contre la montée des idées réactionnaires, Valls propose de les reprendre à son compte.

Enfin, Mélenchon affirme que Trump aurait été vaincu si le « socialiste » Bernie Sanders avait été à la place de Clinton. On comprend qu’il se reconnaisse dans le candidat malheureux à l’investiture démocrate : ils jouent le même rôle. Sanders a capté la confiance d’une partie de ceux que les démocrates ont déçus en exerçant le pouvoir et qui ne pouvaient pas se reconnaître en Clinton. Puis il s’est rallié à la candidature de cette dernière et a laissé comme seule perspective à ceux qui le soutenaient de s’en remettre à elle. Tout comme Mélenchon en 2012 qui, après sa campagne du premier tour, avait appelé à voter Hollande au ­deuxième tour.

Les politiciens de gauche prétendent tous être un rempart contre les candidats les plus ouvertement réactionnaires. Mais ils ne peuvent pas être un recours contre une poussée qui s’explique par le pourrissement de la société capitaliste et la crise de son économie, que la bourgeoisie et ses gouvernements font payer aux classes populaires. La bourgeoisie emmène la société dans le mur et ceux qui ne remettent pas sa domination en cause sont voués à s’en faire les serviteurs, qu’ils s’appellent Hollande, Valls ou Mélenchon.

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