Jean-François Grelier : ton combat continue !

16 Novembre 2016

Jean François Grelier nous a quittés jeudi 10 novembre après quatre ans de lutte contre la maladie. Il a perdu ce dernier combat, mais il en a mené bien d’autres et gagné certains.

Jean-François avait rejoint Lutte ouvrière dans les années 1970. Dans toutes les actions militantes où il s’est investi, il a mis sa générosité, son opiniâtreté, sa gentillesse, son humanité, sa culture au service du combat et des idées communistes qui furent siennes toute sa vie.

Que ce soit dans son milieu professionnel en tant que formateur IUFM, que ce soit parmi les habitants de la cité du Parc où il habitait, il a toujours réussi à entraîner beaucoup de ceux qui le côtoyaient. Il avait cette qualité de savoir transmettre son enthousiasme, sa révolte contre les injustices, contre le racisme, contre tout ce qui peut diviser le monde des exploités. Dans son sillage ou à ses côtés se sont retrouvés beaucoup de démunis, révoltés par les aberrations et le bureaucratisme inhumain d’institutions qui les écrasent et contre lesquelles ils ne peuvent se défendre que collectivement. C’est toutes ces qualités qu’avait notre camarade Jean-François. Elles seront, elles devront être portées par bien d’autres, auxquels il n’a eu de cesse de transmettre les valeurs qui structuraient sa vie.

Après l’explosion de l’usine AZF le 21 septembre 2001, Jean-François s’est fait le porte-parole opiniâtre des « sans-fenêtres », ainsi que se sont nommés les sinistrés, et aussi des salariés qui refusaient l’union sacrée derrière Total. Quinze ans après l’explosion, le 27 septembre dernier encore, il était avec ses camarades de l’Association des sinistrés du 21 septembre au pied de la tour Total à la Défense, à Paris. Il s’agissait de protester contre la tenue à Paris plutôt qu’à Toulouse du procès d’appel, dans le mépris TOTAL de la parole des victimes.

Malgré sa maladie, Jean-François voulait tenir jusqu’au procès, mais il ne pourra malheureusement pas y assister. Cependant, en grande partie grâce à lui et à ceux qu’il a entraînés, Total est loin d’en avoir fini avec les sinistrés.

Nous venons de perdre un ami, un camarade, un communiste. Son combat continue.

Son livre : La catastrophe d’AZF : Total ­coupable – Un sinistré « sans fenêtre » raconte. Éditions Les bons caractères (www.lesbonscaracteres.com)