n°2083 du 04/07/2008

L’éditorial

Les Bourses flanchent, les prix flambent : Un système dément !

Les Bourses s'affolent. Depuis la mi-mai, l'indice de la Bourse de Paris, le CAC 40, a perdu 14 %. Celui de la Bourse de New-York, le Dow Jones, 10 %. Parallèlement à cela, le prix du pétrole poursuit son ascension, ceux des matières premières aussi et, alors que les salaires stagnent, c'est la valse des étiquettes dans les magasins.

Tout cela est lié. La grande bourgeoisie a accumulé sur le dos de la population laborieuse des quantités considérables de capitaux, en faisant produire plus par moins de travailleurs, en supprimant des emplois, en licenciant, en augmentant les charges de travail, en profitant du chômage qu'elle alimentait ainsi pour imposer de bas salaires. Mais le problème des possédants, c'est de savoir à quoi utiliser tous ces capitaux. Leurs dépenses personnelles en produits de luxe, en villas somptueuses, en yachts de la taille d'un paquebot, en jets privés, en tableaux de maîtres, ne représentent qu'une goutte d'eau dans cet océan de richesses. Les capitaux qu'ils engrangent, ils veulent leur trouver de nouveaux placements, qui rapportent beaucoup et vite. Ils sont d'autant moins portés à les placer dans la production que, du fait des bas salaires, de la flambée des prix des produits de première nécessité, le marché solvable se rétrécit. L'immobilier, qui pendant des années a permis aux banques, aux promoteurs et aux marchands de béton de faire de fructueux bénéfices, donne des signes de faiblesse. Alors, ces gens-là spéculent sur le pétrole, spéculent sur les matières premières, comme ils avaient spéculé il y a quelques années sur les " nouvelles technologies ". Tant que les prix montent, il y a des bénéfices à faire à court terme. La hausse entraîne la hausse... jusqu'au jour où la bulle explose. Mais pour le moment, ça monte, et ils se moquent éperdument des conséquences sociales et humaines que cela peut avoir.

n°2083

04/07/2008