Traminots de Marseille : Une grève unanime26/11/19991999Journal/medias/journalnumero/images/1999/11/une-1637.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C166%2C228_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Traminots de Marseille : Une grève unanime

Mardi 23 novembre, les métros et les bus marseillais ont repris leur trafic. Celui-ci était totalement interrompu depuis que, mardi 16 novembre, la grève avait été décidée.

Pendant une semaine complète la ville a donc été totalement paralysée. Les 800 000 habitants ont pu mesurer combien les transports en commun leur sont indispensables. Ceci d'autant plus qu'un froid rigoureux succédait à des pluies torrentielles et qu'une neige abondante bloquait les autoroutes, les routes, les villes et les villages tout autour de la cité.

Il n'y avait plus un seul métro ni un seul bus, ce qui ne s'était pas vu même lors de la mémorable grève de l'hiver 1995-96 qui avait duré 33 jours.

Les dix syndicats de la Régie des Transports Marseillais, la RTM, avaient déposé un préavis de grève pour deux revendications :

- Que les salaires rejoignent les salaires des employés des villes dont le réseau est comparable à celui de Marseille. De l'aveu même de la direction, ceux de Marseille sont sensiblement plus bas. C'est ainsi que le salaire brut d'un conducteur de bus, un P3 avec dix ans d'ancienneté, est à Marseille, de 11 580 F brut en moyenne, avec une valeur des 100 points de 44,019 F La revendication des grévistes était de 47 F les 100 points ;

- Que du personnel statutaire soit embauché pour la sécurité, et non des emplois-jeunes comme le proposait la direction.

Dans la nuit du dimanche 21 au lundi 22 novembre, les négociations entre la direction et les syndicats aboutissaient à avancer un peu les augmentations de salaires prévues par la direction. La valeur des 100 points doit atteindre, par étapes, 46 F au 1er juillet 2001. Ceci correspondrait pour un P3 à une augmentation, en salaire brut, d'environ 440 F en juillet 2001, en passant par un pallier de 105 F au 1er décembre 1999 au lieu du 1er janvier 2000, ce que proposait la direction

Pour les effectifs, la direction promet l'embauche statutaire de 73 personnes pour la sécurité et pour les contrôles anti-fraude, au lieu des 39 qu'elle avait prévues.

Les syndicalistes ont présenté ces résultats comme des avancées justifiant la reprise du travail. Les assemblées générales du lundi matin semblent avoir été assez différentes selon les dépôts. Elles se sont prononcées pour la reprise du travail, avec par exemple le sentiment d'un succès pour le dépôt de La Rose, mais des sentiments beaucoup plus partagés au dépôt de La Capelette. Là les syndicalistes ont fait voter deux fois pour aboutir à une conclusion. Certains traminots trouvaient que l'on reprenait pour une poignée de monnaie, alors que d'autres pensaient qu'il faudrait une grève trop longue pour faire reculer la direction. C'est sans doute cette crainte qui a été décisive. Mais les discussions étaient animées.

Deux jours de grève seront pris sur les congés ou les repos compensateurs, deux autres jours pourront être récupérés en travail supplémentaire.

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