Maroc : des villageois mobilisés contre une société minière11/03/20152015Journal/medias/journalnumero/images/2015/03/2432.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Maroc : des villageois mobilisés contre une société minière

Le 1er mars au Maroc, des villageois de la commune d’Imider ont organisé une marche de protestation pour montrer que leur lutte continue et populariser leurs revendications. Le 8 mars, les femmes de la commune défilaient de nouveau à l’occasion de la journée des femmes.

Située à 150 km de Ouarzazate, au Maroc, la commune d’Imider regroupe environ 5 000 habitants répartis dans sept villages. Vivant essentiellement de maraîchage et de petit élevage, ils sont confrontés depuis des années à la concurrence de la société minière voisine pour l’utilisation de l’eau. Dans cette région désertique, où l’irrigation est indispensable aux cultures, la mine d’argent consomme douze fois plus d’eau que tous les habitants réunis de la commune et tarit progressivement les puits.

La mobilisation des villageois a commencé en juillet 2011, quand les femmes ont exprimé leur colère face à la pénurie d’eau de plus en plus importante. Elles ont bientôt été rejointes par les étudiants des villages voisins, qui n’avaient pas tous été employés par la mine pour l’été – contrairement aux habitudes – alors que ces emplois leur permettaient de payer leurs études.

Puis, face à la fin de non-recevoir des dirigeants de la mine, les habitants d’Imider ont bloqué l’une des vannes permettant son alimentation en eau, les autres étant inaccessibles car gardées par l’armée. Ils ont organisé un sit-in permanent autour de cette vanne, au sommet du mont Alban, à 1 500 m d’altitude. Depuis plus de trois ans, la mobilisation continue, le sit-in permanent s’est même doté de structures en dur.

Les villageois mobilisés réclament non seulement une gestion rationnelle de l’eau, mais demandent aussi à la société minière de contribuer au développement local en réparation des dommages induits par l’exploitation de la mine, comme la grave pollution au cyanure et au mercure des eaux qu’elle utilise. Ils n’ont pas réussi pour le moment à la faire céder et ont subi la répression du régime, avec l’arrestation de dizaines de militants. Trois d’entre eux, arrêtés il y a un an, sont encore en prison.

La Société métallurgique d’Imider (SMI), filiale du groupe Managem et appartenant à la holding royale SNI, est à la tête du septième plus gros gisement d’argent au monde. Cotée en Bourse, elle fait chaque année des profits conséquents, dans le mépris total des revendications des villageois.

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