Espagne : Une réforme fiscale injuste et provocante30/07/20142014Journal/medias/journalnumero/images/2014/08/une2400.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Espagne : Une réforme fiscale injuste et provocante

En Espagne le gouvernement n'en finit pas de pleurer misère sur le niveau trop bas des rentrées fiscales qui mettrait le budget de l'État en déficit. Des experts ont annoncé une réforme fiscale destinée, disent-ils, à rétablir l'équilibre financier.

Comment ? En s'attaquant au patronat des grandes sociétés et aux banquiers qui spéculent ? En les imposant plus lourdement ? Non, bien sûr. La réforme se traduira au contraire par des baisses d'impôts pour une minorité de très riches. 73 000 contribuables en bénéficieraient. Un cadeau qui devrait leur permettre de relancer les investissements et de stimuler la vie économique. Allons donc ! Personne n'y croit.

Par contre les 12 millions de travailleurs et de retraités qui gagnent moins de 11 200 euros par an ne verront pas leurs impôts directs diminuer et continueront de subir les hausses des prix, celle des tarifs du gaz et de l'électricité et des impôts indirects. Comble d'injustice, la réforme prévoit de soumettre à l'impôt les indemnités que perçoit un travailleur licencié (environ 2 000 euros par année travaillée). Une mesure d'autant plus révoltante que la plupart des travailleurs licenciés auront le plus grand mal à retrouver un emploi et que beaucoup se sont endettés à vie pour l'achat de leur logement..

Rajoy et ses ministres laissent croire à une reprise possible à court terme. Une montée des profits des capitalistes ? sans doute. Mais en ce qui concerne les travailleurs ce sera l'inverse. Dans le secteur public, comme dans les entreprises privées, les salaires sont constamment revus à la baisse, avec une moyenne de 1 000 euros net mensuels ; en fait beaucoup moins pour des millions de salariés. En réalité des millions de travailleurs en activité ou au chômage doivent survivre avec des revenus toujours plus faibles.

Alors de plus en plus nombreux sont les travailleurs qui sont convaincus que le gouvernement ne cédera rien sans y être contraint par des luttes importantes. La peur de perdre son emploi est un frein puissant aux mobilisations. Mais le mécontentement et la colère existent. Une colère qui peut à tout moment exploser et faire que la peur change de camp.

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