PSA Peugeot Citroën : Derrière l'embellie proclamée des ventes30/07/20142014Journal/medias/journalnumero/images/2014/08/une2400.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

PSA Peugeot Citroën : Derrière l'embellie proclamée des ventes

La direction du groupe PSA claironne que ses ventes mondiales sont en hausse : 1,5 million de véhicules vendus dans le monde pour les six premiers mois de l'année.

Une augmentation des ventes de 12,1 % en Europe, en particulier en France, une hausse des ventes de 27,7 % en Chine due en grande partie à l'alliance avec Dongfeng, présentée en son temps par Montebourg comme un danger pour le trust automobile. Ces discours sur la bonne santé de l'entreprise s'adressent au petit monde capitaliste, en particulier à ceux qui ont acheté dernièrement des actions PSA.

Mais, il y a à peine six mois, la direction mettait en avant de prétendues difficultés. Le 20 janvier 2014, Le Monde titrait : « Les ventes mondiales de PSA sont au plus bas depuis treize ans ». Pourtant, si les ventes de voitures étaient en baisse en 2013 par rapport aux records des années précédentes, depuis des décennies les ventes de PSA progressent plutôt. Mais, à ce moment-là, la direction de PSA venait d'imposer son accord de compétitivité et les discours alarmistes servaient de prétexte aux attaques directes contre les travailleurs.

Quelles que soient aujourd'hui les annonces sur les ventes de voitures, qui peut savoir ce qu'il en est des bénéfices réels... certainement pas les travailleurs. Pour avoir une idée précise, il faudrait non seulement connaître les chiffres des ventes, mais surtout la comptabilité réelle, celle qui prend en compte les remboursements bancaires, les dividendes versés aux actionnaires, les placements divers et autres calculs à long terme. Ces données sont bien gardées dans le secret des conseils et ce n'est pas la présence de Louis Gallois, représentant de l'État puisque celui-ci est entré au capital de l'entreprise, qui change quoi que ce soit à cette opacité.

Les travailleurs des différentes usines du groupe savent en revanche que les cadences augmentent, que la production s'accroît avec toujours moins de travailleurs. PSA a déjà imposé un plan de 11 200 suppressions d'emplois et fermé l'usine d'Aulnay. Les travailleurs de Rennes restent inquiets pour leur avenir. Le passage en un seul flux à Mulhouse comme à Poissy laisse présager des suppressions de postes et d'autres attaques contre les travailleurs. Dans le même temps, les heures supplémentaires et les samedis obligatoires pleuvent à l'usine de Sochaux.

La direction peut faire valser ses chiffres, la réalité reste que les travailleurs produisent toujours plus en étant de moins en moins nombreux. Ce qui signifie que les profits gagnés sur leur sueur et leurs muscles continuent à croître et à enrichir les actionnaires, comme ceux de la famille Peugeot, dont la fortune peut prospérer indépendamment des variations des ventes de voitures.

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