Israël : Manifestations anti-guerre30/07/20142014Journal/medias/journalnumero/images/2014/08/une2400.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Israël : Manifestations anti-guerre

Samedi 26 juillet à Tel-Aviv a eu lieu le plus grand rassemblement d'opposition à la guerre depuis le début des bombardements sur Gaza. Juifs et Arabes israéliens étaient rassemblés derrière la banderole : « Plus de morts ! La paix entre Israël et la Palestine, maintenant ». De nombreuses pancartes étaient brandies sur lesquelles on lisait : « Juifs et Arabes refusent d'êtres ennemis ».

Le mouvement anti-guerre n'a pas encore la profondeur de celui qui avait rassemblé des dizaines de milliers d'Israéliens durant la guerre du Liban en 1982, mais il se renforce. À chaque manifestation, une place est faite au groupe de soldats qui refusent le rôle de « bourreaux permanents » auquel les dirigeants israéliens veulent les condamner. Étaient également présents les cercles des combattants pour la paix, le Parti communiste israélien, Gush Shalom, des représentants syndicaux et des membres de Kibboutz.

L'élargissement de la mobilisation a été marqué par la présence de nombreuses familles venues exprimer leur indignation « contre cette guerre qui tous les deux ans menace nos enfants comme elle menace ceux de Palestine », et des slogans : « Il y a une autre voie que la guerre », « Libérez Gaza maintenant, laissez-les vivre », « Stop à la guerre et à l'occupation ». Des prises de parole ont dénoncé l'argument de ceux qui disent « qu'il n'y a pas d'interlocuteur pour la paix. » En réalité les dirigeants israéliens n'ont jamais voulu d'un État palestinien indépendant.

C'est ce qu'a affirmé avec force Ben Kfir, du Cercle des parents pour la paix, dont la fille a été tuée dans un attentat-suicide du Hamas en 2003. S'adressant à Netanyahou, elle a eu ces mots : « Ne dites pas que vous faites la guerre en notre nom. Il est maintenant indispensable de faire entendre une autre voix que celle de la guerre, du racisme et de la haine ». Un autre manifestant a affirmé : « Nous devons mettre fin à la guerre... Quel prix devront payer les gens du Sud et les autres résidents d'Israël, quel prix pour le peuple de Gaza et maintenant de Cisjordanie ? Ensemble, les Juifs et les Arabes, nous allons surmonter l'occupation, la guerre, la haine, offrir un chemin de vie et d'espoir ».

Il faut une certaine détermination pour manifester ainsi, même pour simplement réclamer l'arrêt immédiat des bombardements. Prenant prétexte des tirs de roquettes, l'État israélien avait dans un premier temps interdit le rassemblement, deux heures avant l'heure prévue. Du coup la police a fait rebrousser chemin à des cars venus de Jérusalem, Haïfa et Nazareth. Finalement, la protestation s'est quand même tenue. Mais la police s'est montrée moins agressive avec les centaines de militants de l'extrême droite sioniste qui, à chaque manifestation, insultent, agressent ceux qu'ils désignent comme « des sales rouges, des communistes vendus aux Arabes ».

Ni le climat d'hystérie chauvine, ni les pressions au nom de l'unité nationale, ni les nervis racistes de l'extrême droite ne découragent ceux qui refusent la guerre et se battent pour la reconnaissance des droits des Palestiniens. En Palestine, en Israël, la seule boussole politique est celle qui permet de distinguer les intérêts des exploiteurs et ceux des exploités. C'est cette opposition de classe que Netanyahou, comme le Hamas et le Fatah, voudraient faire disparaître au nom du nationalisme.

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