Île de La Réunion : Profits assurés pour patrons assistés08/08/20132013Journal/medias/journalnumero/images/2013/08/une2349.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Île de La Réunion : Profits assurés pour patrons assistés

Après avoir fait tout un tapage à propos d'éventuelles baisses des aides européennes, en l'occurrence celle du Programme d'option spécifique à l'éloignement et à l'insularité (POSEI), les planteurs de canne de La Réunion se disent aujourd'hui satisfaits. Le commissaire européen à l'Agriculture s'est rendu dans l'île les 30, 31 juillet et 1er août à l'invitation d'un député européen du Parti communiste réunionnais. Il a assuré aux planteurs et aux usiniers que l'enveloppe POSEI, qui s'élève à 95 millions par an, dont 51 millions pour la seule filière canne, sera reconduite à l'identique pour la période allant de 2014 à 2020.

Depuis quelques mois déjà, planteurs et usiniers étaient montés à Paris plaider leur cause auprès des sénateurs et députés, notamment ceux de l'outre-mer, qui leur ont promis de défendre leurs intérêts auprès des émissaires européens.

Actuellement, un peu plus de 80 % des 51 millions du POSEI sont reversés aux planteurs grâce au prix de la tonne de canne payé par les usiniers, le reste tombant dans les poches du groupe Tereos. Cette somme ne représente en fait qu'une petite partie des aides liées à la canne et au rhum attribuées par l'Europe et l'État français pour compenser les prétendues pertes dues à la baisse du prix du sucre sur le marché européen et pour « s'adapter » à la réforme de l'OMC (Organisation mondiale du commerce) sucre.

La manne publique que touche Tereos lui suffit amplement à payer aussi bien les planteurs que les ouvriers des deux usines qu'il possède dans l'île. Sur les quelque 44 euros la tonne que les usiniers payent aux planteurs pour l'apport de leur canne, la moitié provient de l'aide publique, le POSEI justement. Quant aux ouvriers, leurs maigres salaires ne pèsent vraiment pas lourd dans les dépenses de leurs patrons.

Les producteurs de sucre de La Réunion bénéficient par ailleurs d'un quota de sucre garanti de 300 000 tonnes sur le marché européen. À La Réunion, ce quota n'a jamais été atteint, l'île ne produisant que 210 000 tonnes par an. Mais à 335,20 euros le prix de la tonne de sucre brut, cela fait tout de même un joli pactole : plus de 70 millions d'euros.

Aides aux planteurs, aides aux usiniers : tous comptes faits, les fonds publics participent pour une part importante aux revenus des capitalistes du sucre et du rhum, ce qui n'empêche pas tous ces vrais assistés de trouver que les travailleurs sont encore trop payés.

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