Renault-Douai : Débrayages avant les congés08/08/20132013Journal/medias/journalnumero/images/2013/08/une2349.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Renault-Douai : Débrayages avant les congés

Les travailleurs de Renault Douai sont partis en congés. Ils reprendront fin août. Mais dans quelles conditions ? L'inquiétude est réelle et s'est manifestée dans de nombreux débrayages au cours des deux dernières semaines de travail.

D'abord, la chaleur était insupportable. À 31° dehors, il en fait 40 dans l'atelier, surtout à l'étage, sous les toits. La climatisation est insuffisante, les ventilateurs inefficaces. La direction demandait parfois aux pompiers de l'usine d'arroser le toit pour faire un peu baisser la température. L'usine doit soi-disant produire bientôt des véhicules haut de gamme. En ce qui concerne la climatisation, on le voit, c'est déjà du très haut de gamme ! La direction faisait parfois distribuer des bouteilles d'eau, et parfois non, comme si c'était trop cher.

Mais surtout les conditions de travail empirent. La direction a supprimé des postes de travail et raccourci les pauses. C'est l'application du récent accord de compétitivité qui veut que l'on travaille plus... avec moins de monde. 603 salariés ont choisi le départ anticipé, et on les comprend. Mais ils ne sont pas remplacés. Au contraire, la direction pousse les travailleurs à être mutés vers d'autres sites. 564 salariés sont ainsi déjà en détachement.

Mais Renault veut encore supprimer des postes. C'est la feuille de route des chefs, en vue des modèles haut de gamme programmés pour dans un an ou deux. Il faut « améliorer la productivité, le professionnalisme, la flexibilité », etc. Cela amène certains chefs à sanctionner et à aboyer carrément. D'autres dépriment, car ils ne se voient pas décider de qui doit rester et qui doit partir. Ceux-là rechignent, et c'est tant mieux, à appliquer la politique de Renault.

Cela s'est vu en particulier le samedi 20 juillet. La direction avait décrété un samedi au volontariat, payé à 125 % et avec le transport en bus assuré. C'était le lendemain d'un débrayage très suivi. Il y a eu très peu de volontaires. Il y avait là surtout des chefs et des techniciens à qui la direction n'avait pas vraiment laissé le choix. En tout et pour tout, 25 véhicules ont été produits sur toute la durée du poste, alors que l'usine entière tournait à 45 véhicules produits par heure !

Même les syndicats signataires de l'accord de compétitivité, comme FO, premier syndicat de l'usine, se montraient critiques et réclamaient « l'écoute et le respect » de la part de la direction. Ils appelaient aussi à des débrayages. Ils sentaient bien que beaucoup pensent que la direction prépare des conditions encore aggravées au retour des congés, et qu'ils n'en veulent pas !

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