Prison de Nouméa : Des conditions coloniales10/08/20122012Journal/medias/journalnumero/images/2012/08/une2297.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Prison de Nouméa : Des conditions coloniales

Le week-end des 4 et 5 août, la prison de Nouméa en Nouvelle-Calédonie a connu un début de mutinerie. Cette prison, surnommée camp Est, date de l'époque du bagne mais l'âge du bâtiment ne préjuge pas des conditions qui y règnent : la grande majorité des détenus sont d'origine Kanak et subissent une surpopulation insupportable avec 480 détenus pour 226 places. Les WC servent de douches, les draps sont changés tous les deux mois, on trouve des vers dans la nourriture, des cafards et des rats partout. À tel point que l'État a été condamné par le tribunal administratif de Nouméa pour conditions de détention contraires à la dignité humaine, à la suite de quoi les trente détenus ayant porté plainte recevront chacun 20 000 francs CFP soit ...167 euros.

Pour rendre la vie encore plus difficile aux détenus, l'accès au téléphone est interdit et les familles ne peuvent prendre rendez-vous à l'avance. Il leur faut donc se déplacer jusqu'à la prison et attendre que l'administration leur donne droit au parloir. L'attente peut durer plusieurs jours, et tant pis si les proches des détenus n'ont pas d'hébergement à Nouméa.

La première réaction de l'État a été d'envoyer une compagnie de gardes mobiles pour rétablir l'ordre. Mais comme, avec le nouveau gouvernement, le changement ce serait maintenant, Christine Taubira, ministre de la Justice, a déclaré qu'elle « étudie sérieusement l'éventualité d'une mission du ministère de la Justice, pas uniquement centrée sur la question pénitentiaire », ajoutant : « Il s'agira pour moi d'avoir des éléments sur le fonctionnement de la justice en Nouvelle-Calédonie. »

Les détenus sont sans doute soulagés de savoir qu'à 17 000 km de Nouméa, à Paris, on prend tout le temps pour étudier des mesures pour arrêter leur calvaire.

Partager