Zambie : Mine de charbon de Collum - un directeur tué lors d'une grève10/08/20122012Journal/medias/journalnumero/images/2012/08/une2297.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Zambie : Mine de charbon de Collum - un directeur tué lors d'une grève

Un directeur a trouvé la mort le 3 août lors d'un conflit qui s'est déroulé dans la mine de charbon de Collum, dans le sud de la Zambie.

Les mineurs s'étaient mis en grève après avoir constaté que la paye de juillet n'atteignait même pas le salaire minimum récemment obtenu par les employés de commerce (1,1 million de kwachas par mois, soit 182 euros). La colère des mineurs et des villageois s'est abattue sur les responsables chinois de la mine, dont l'un a été mortellement heurté par un chariot envoyé dans sa direction.

Les mineurs ont, indépendamment du salaire, de multiples motifs de révolte. Les conditions de travail qui leur sont imposées par les responsables des mines de cuivre ou de charbon sont insoutenables. Selon des témoignages, à Collum Coal, il leur faut descendre à pied quelque mille marches d'escalier pour patauger, la plupart du temps douze heures par jour, dix-huit parfois, dans des galeries obscures, étroites et dangereuses. Pas d'éclairage, pas d'étayage correct, pas même un masque pour se protéger de la poussière de charbon, comme le déclarait, en octobre 2010, un jeune mineur rescapé d'un éboulement où il était resté enseveli plusieurs minutes. « Après les dynamitages, on n'a plus qu'à respirer la poussière. Et si tu ralentis la cadence, les Chinois te frappent », ajoutait-il en faisant allusion au harcèlement permanent des mineurs de la part des responsables, qui refusent d'attendre que la poussière soit retombée. Les mineurs suspectés d'être syndiqués sont immédiatement licenciés, d'autant plus que l'absence de contrat de travail est courante.

À l'époque déjà, une grève avait éclaté au puits n°3 de Collum à la suite de ponctions sur la paye, liées à des jours de chômage technique sans préavis, annoncés du jour au lendemain aux mineurs. Deux responsables avaient alors tiré sur les grévistes, blessant treize d'entre eux. Arrêtés par la police, ils avaient été rapidement libérés sous caution et, un an plus tard, le gouvernement avait abandonné les poursuites.

Il en est ainsi, d'après une ONG, dans les mines de charbon comme dans les mines de cuivre qui fournissent les trois quarts des exportations du pays et les deux tiers des rentrées de l'État. Corruption gouvernementale, conditions de travail dangereuses, bas salaires, tel est le quotidien des ouvriers dans cette ancienne colonie britannique de près de treize millions d'habitants. Pauvres, mais dans un pays riche de son sous-sol, largement exploité par les Glencore et autres multinationales sud-africaines, britanniques et chinoises.

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