Extrême droite européenne : plusieurs variétés d’un même poison

06 Décembre 2023

Sous le slogan « Libérez l’Europe », Matteo Salvini a réuni à Florence, dimanche 3 décembre, les représentants des partis d’extrême droite qui composent le groupe Identités et démocratie au Parlement européen.

Le dirigeant de La Ligue, vice-Premier ministre du gouvernement de Meloni et en concurrence avec cette dernière, voulait se placer en chef de file de l’extrême droite européenne dans la perspective des élections de 2024. Certaines têtes d’affiche de la xénophobie, comme le néerlandais Geert Wilders, dont le parti vient de remporter les élections aux Pays-Bas, ou Marine Le Pen pour le RN, ont préféré ne pas participer à la grand-messe orchestrée par Salvini, ne voulant pas choisir son camp plutôt que celui de Meloni, dont le parti, Fratelli d’Italia, fait partie d’un autre regroupement au Parlement européen. Mais leurs partis y étaient représentés, de même que les Autrichiens du FPÖ, les Flamands du Vlaams Belang ou encore les Allemands de l’AfD.

Tous ont bien entendu le même fonds de commerce antimigrants, désignant ces derniers comme les responsables de toutes les difficultés dans la vie des classes populaires. Mais chacun a également sa petite obsession crasseuse particulière, qu’il a pu développer à la tribune. Ainsi, le Roumain de l’Alliance pour l’unité des Roumains, George Simion, s’est ému de l’offensive de la gauche « qui veut supprimer les nations et la famille naturelle » et « des dégénérés qui veulent nous interdire d’utiliser les mots père et mère », tandis que Kostadinov, à la tête du parti bulgare Renaissance, s’érigeait en défenseur de la pureté de la race européenne qui serait menacée d’extinction et de grand remplacement. Tout aussi xénophobe, Bardella, pour le RN, s’est fait le champion d’une Europe ne voulant devenir ni « la proie de Washington ou de Pékin », ni « l’hôtel cinq étoiles de l’Afrique ». Quant à Salvini, il a insisté sur la nécessité de libérer l’Europe des francs-maçons, des financiers cosmopolites et des technocrates.

Un peu partout en Europe, l’extrême droite se sent autorisée à développer ses thèmes les plus nauséabonds, d’autant plus facilement que le monde politique et médiatique officiel multiplie les discours désignant l’immigration au mieux comme un problème, au pire comme un danger.

Les travailleurs d’Europe, d’où qu’ils viennent, n’ont aucun intérêt à suivre ces charlatans d’extrême droite, qui leur désignent toutes sortes d’ennemis pour mieux protéger les exploiteurs dont ils défendent les intérêts.

Nadia CANTALE