Kissinger : itinéraire d’un salaud06/12/20232023Journal/medias/journalnumero/images/2023/12/2888.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Kissinger : itinéraire d’un salaud

De Trump à Biden en passant par Scholz, Zelinski et Macron, toute la classe politique a rendu hommage au boucher de l’impérialisme américain, Henry Kissinger, à l’occasion de sa mort.

Durant les années 1970, comme conseiller pour les affaires de Sécurité nationale puis comme ministre des Affaires étrangères, il a en effet été le principal responsable de la politique extérieure américaine et de toutes les guerres et atrocités qui l’ont accompagnée. Cela commença avec la guerre du Vietnam où il torpilla les négociations de paix en 1969 pour élaborer ensuite un accord en tout point semblable en 1973. Entre-temps, des dizaines de milliers de soldats américains et près de deux millions de Vietnamiens étaient morts d’une guerre atroce où l’armée américaine avait utilisé de nombreuses armes de destruction massive, comme le napalm. À la même époque, pour empêcher que du matériel de la résistance vietnamienne ne transite par le Cambodge, Kissinger ordonna des bombardements visant ce pays neutre, faisant des centaines de milliers de victimes civiles.

Toutes ces exactions ne l’ont pas empêché de recevoir, après avoir préparé les accords de 1973 avec le Vietnam, le prix Nobel de la Paix... impérialiste, pourrait-on ajouter. Kissinger n’était, il est vrai, pas contre la paix si cela servait les intérêts de la bourgeoisie des États-Unis. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il avait renoué des relations avec la Chine de Mao Tsé-Toung en 1972 car cela permettait de mieux isoler l’URSS.

C’est aussi pour cela qu’il a armé massivement l’État israélien contre les États arabes lors de la guerre du Kippour de 1973, et non parce que cela aurait fait partie de ses idéaux du fait de ses origines juives. À la même époque, il a d’ailleurs fait en interne cette déclaration cynique, montrant que pour lui cela ne rentrait pas en ligne de compte : « S’ils [les dirigeants russes] mettent des Juifs dans des chambres à gaz en Union soviétique, [ce qui n’était tout de même pas le cas !] ce n’est pas une préoccupation américaine. Peut-être une préoccupation humanitaire. »

En Amérique latine, Kissinger a poursuivi avec férocité la politique des États-Unis consistant à considérer cette région comme sa chasse gardée. Suite à l’arrivée au pouvoir du président chilien de gauche Allende en 1970, il fut l’architecte du coup d’État dirigé par son ami le général Pinochet en 1973. Il soutint voire installa toutes les dictatures antiouvrières et anticommunistes, comme celle d’Argentine. Il fut aussi l’un des artisans du « plan Condor », une sorte d’internationale de la torture et de la répression des six dictatures d’Amérique du Sud.

Avant comme après lui, la bourgeoisie impérialiste a pu compter sur les services de bien des « salauds », comme le journaliste jean-Michel Aphatie a qualifié Kissinger. Ce dernier en fut un de première classe, sans le moindre scrupule d’ailleurs et qui plus est brillant. C’est aussi pour cela qu’elle lui rend hommage aujourd’hui.

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