Bosch-Rexroth Vénissieux : la grève impose un sursis18/05/20162016Journal/medias/journalnumero/images/2016/05/LO2494.JPG.445x577_q85_box-0%2C24%2C312%2C429_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Bosch-Rexroth Vénissieux : la grève impose un sursis

Les salariés de Rexroth à Vénissieux ont cessé la grève mercredi 11 mai en fin d’après-midi, au troisième jour des négociations avec la direction du groupe Bosch et après la signature d’un protocole d’accord.

La grève avait débuté le 26 avril, d’abord totale, puis sous forme de grève de deux heures, puis une heure par jour, à tour de rôle, suivie par la très grande majorité des salariés, des ouvriers jusqu’aux cadres, qui se relayaient au piquet de grève. Aucune pièce fabriquée ne sortait de l’usine, ce qui commençait à causer des difficultés aux clients de Rexroth, qui protestaient.

La cause de la grève, c’était le projet de Bosch de faire faire 19,5 millions d’euros d’économies en trois ans à sa filiale, en délocalisant la production de composants hydrauliques pour engins de chantier à Bursa, en Turquie, et en cherchant un repreneur pour les autres. Cela aurait entraîné 180 suppressions d’emplois sur 360 actuellement.

Devant la détermination des grévistes, la direction a partiellement reculé et donné un certain nombre de garanties. Elle s’engage à garder au moins 270 emplois jusqu’à fin 2020, en gardant plus de production que prévu et en ne vendant pas l’activité Joystick (commandes pour engins agricoles ou BTP).

Les suppressions d’emplois se feront en trois ans, sous forme de 63 préretraites et 25 départs volontaires aux conditions Bosch. Lors de précédentes suppressions d’emplois, Bosch avait versé des primes très importantes qui avaient permis de trouver des volontaires. Mais certains ont eu bien du mal à retrouver du travail.

Enfin, les travailleurs ont obtenu que les heures de grève soient considérées comme des heures de mécontentement, donc payées.

Les travailleurs présents ont approuvé, à main levée, ce protocole d’accord et ont levé le piquet de grève. Ils sont bien conscients que, dans la période actuelle, il faut faire une confiance limitée aux promesses patronales. Mais dans l’immédiat la pression qu’ils ont exercée a permis de sauver la moitié des emplois menacés. C’est un sursis qui les a soulagés. Et ils se sont fait respecter par la direction, qui ne s’attendait pas à une telle réaction.

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