Groupe ArcelorMittal : Production et bénéfices en hausse... emplois en berne03/05/20122012Journal/medias/journalnumero/images/2012/05/une2283.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Groupe ArcelorMittal : Production et bénéfices en hausse... emplois en berne

Une production de charbon en hausse à 8,3 millions de tonnes en 2011 contre 7 l'année précédente ; de minerai de fer de 54,1 millions de tonnes contre 48,9 ; d'acier brut de 92 millions de tonnes contre 91 ; un produit des ventes de 94 millions contre 78 : tous les chiffres publiés par ArcelorMittal pour son bilan 2011 sont à la hausse. Même le résultat d'exploitation, ce que les financiers appellent dans leur jargon l'EBITDA, est en hausse de 18,7 %, à plus de 10 millions de dollars.

Ces bons résultats n'empêchent nullement ArcelorMittal de prévoir de nouvelles fermetures. Ainsi au Luxembourg, à peine venait-il de signer avec les syndicats luxembourgeois et le gouvernement un accord tripartite Lux2016, qu'il annonçait la réduction d'activité de l'usine de Dudelange avec une fermeture d'une ligne d'électro-zingage, l'autre étant fortement ralentie. Bref, de nouvelles suppressions d'emplois en vue.

Pour Florange, l'avenir du site est de plus en plus sombre. Le groupe vient d'annoncer un transfert de production du packaging de 15 000 tonnes de Florange vers Liège. Quant à la remise à feu des hauts fourneaux (l'un est arrêté depuis juin 2011, l'autre depuis septembre 2011), tout indique que l'arrêt sera prolongé... après le deuxième tour des présidentielles.

D'ailleurs, ces arrêts d'installation rapportent de l'argent au numéro un mondial de l'acier. Rien qu'en 2011 pour Florange, l'arrêt des hauts fourneaux a permis au groupe de gagner 10,8 millions d'euros par la revente des « droits à polluer », les quotas de CO2 dont bénéficient les industriels. La vie est bien faite pour les patrons : car, dans cette société où tout s'achète et tout se vend, y compris la pollution, ils peuvent vendre les tonnes de CO2 qu'ils n'ont pas rejetées dans l'atmosphère. Quant aux salaires, ils sont parfois payés par l'État par le biais de l'APLD, dans le cadre des accords de chômage partiel. Et ainsi, entre 2005 et 2010, le groupe aura gagné plus d'un milliard de dollars... en arrêtant ses installations. Un vrai monde de fous !

Tous ces chiffres montrent que la fermeture des installations en Europe, à Florange, à Liège, au Luxembourg ou en Espagne, comme le chantage effectué par ArcelorMittal en Algérie ne sont justifiés par rien d'autre que faire croître des bénéfices qui sont en hausse chaque année.

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