« Droites » : Quand Sarkozy tricolorise...03/05/20122012Journal/medias/journalnumero/images/2012/05/une2283.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

« Droites » : Quand Sarkozy tricolorise...

Dans sa diatribe du 1er Mai au Trocadéro, dans le très chic 16e arrondissement de Paris, Sarkozy a opposé à plusieurs reprises le drapeau rouge des syndicats, symbole selon lui de violence et même, horreur des horreurs, de la lutte de classe, au drapeau tricolore. À croire que cette peur du rouge devient chez lui obsessionnelle.

Sans vouloir s'y attarder, rappelons que derrière ce drapeau bleu-blanc-rouge se sont produits bien des massacres et des atrocités. La liste est longue : de la Commune de 1871 aux boucheries de deux guerres mondiales, dont les listes qui figurent sur les monuments aux morts témoignent encore, en passant par les multiples expéditions coloniales de la France, qui en plus des morts qu'elles ont faits, ont laissé une partie de la planète exsangue.

Mais les thèmes choisis, par le représentant de la droite dans cette présidentielle, pour essayer de regagner du terrain sur son concurrent est une indication sur l'attitude et le ton qu'adoptera cette droite au cas, assez probable, où elle se trouvera reléguée dans l'opposition. Une attitude hargneuse, haineuse, non seulement à l'égard de la nouvelle majorité aux affaires, mais aussi outrageusement antiouvrière, dans le sens le plus grossier et le plus méprisant de ce terme.

Car si le Parti socialiste dans l'opposition avait choisi de se montrer plutôt respectueux et policé à l'égard de l'UMP, limitant son opposition quasi exclusivement à des joutes verbales sur le terrain parlementaire, la droite battue dans les élections risque de se déchaîner, en développant une virulence démagogique sans bornes, n'hésitant pas à pratiquer les pires mensonges et les amalgames les plus osés, dont on a quelques échantillons aujourd'hui. Et ce d'autant plus que l'UMP se retrouve en compétition avec le FN. Et d'autant plus encore que les développements de la crise, eux aussi prévisibles, vont exacerber les tensions.

Cette situation était attendue. Et c'est pourquoi il a été important que s'affirme le plus nettement possible, sans la moindre finasserie tacticienne et électoraliste, une opposition claire qui prépare l'opinion ouvrière à combattre l'austérité que mettra immanquablement en place Hollande. Mais s'opposer, dénoncer ne suffit pas. Car si la lutte est indispensable, encore faut-il en préciser les objectifs et les conditions. C'était le sens de la campagne de Nathalie Arthaud, du programme de lutte qu'elle défendait.

Et loin d'être dépassé une fois les urnes rangées, ce programme devient encore plus d'actualité.

Partager