Ultra-nationalisme, néo-nazisme et antisémitisme

02 Mars 2022

Depuis l’annexion de la Crimée par la Russie et la sécession des républiques russophones du Donbass en 2014, Kiev n’arrivait pas à mobiliser sa population dans la prétendue « défense de la patrie ».

Il envoyait des soldats dans le Donbass, mais peinait à trouver des volontaires. Restaient les groupes paramilitaires d’extrême droite, tel le bataillon Azov, et des activistes ultra-nationalistes et fascisants de l’OUN-UPA.

Réapparue au grand jour depuis une dizaine d’années, cette mouvance reste marginale. Pourtant le pouvoir, toutes couleurs confondues, n’a cessé de promouvoir le nationalisme ukrainien.

Et d’abord en ôtant au russe, que parlent une majorité d’Ukrainiens, le statut de langue officielle, l’ukrainien étant langue d’État. Ce fut d’ailleurs un des prétextes invoqués par les séparatistes du Donbass pour faire sécession. Et puis, depuis 2007, une Marche d’honneur, de la dignité et de la liberté a lieu chaque année, avec la bénédiction des autorités civiles et religieuses, le jour anniversaire de Stepan Bandera, qui fut un soutien ukrainien des nazis avant même l’arrivée de Hitler au pouvoir. En 2010 le président ukrainien, le très pro-américain Iouchtchenko, a même décerné à Bandera le titre officiel de Héros de l’Ukraine.

Ce « héros » avait créé la Légion ukrainienne, dès 1939. Dans les territoires polonais occupés par l’armée allemande, elle organisa le massacre des Juifs de Lwow et de 50 000 à 100 000 Polonais en Volhynie. Puis en 1941, il transforma cette Légion en Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA) pour combattre les Soviétiques aux côtés de forces de Hitler, exterminant en masse Juifs, Roms, Russes, Polonais et communistes, dont Bandera et les siens voulaient « nettoyer » le pays.

Ayant voulu proclamer un État ukrainien indépendant, Bandera fut emprisonné par les nazis. Et après la fin de la guerre, ses partisans continuèrent à donner militairement du fil à retordre au régime stalinien durant des années en Ukraine de l’Ouest.

Tout cela explique pourquoi les dirigeants occidentaux préfèrent passer sous silence ces aspects d’un nationalisme dans lequel ils voient une arme face à la Russie, même si certains de leurs diplomates ou responsables militaires s’affichent dans des cérémonies aux côtés des banderistes d’aujourd’hui.

P. L.