Violences faites aux femmes : Macron fait du vent

29 Novembre 2017

Le 25 novembre, à l’occasion de la Journée internationale contre les violences faites aux femmes, la lutte contre le harcèlement a été proclamée grande cause du quinquennat par Macron. Il a voulu se saisir ainsi de l’émotion déclenchée par l’affaire Weinstein, et surtout de la mobilisation des femmes, pour apparaître comme un grand combattant de la cause féministe.

Macron est très fort pour faire des discours. Il se félicite de la « libération de la parole ». Une minute de silence a rendu hommage aux 123 femmes tuées en 2016 en France par leur conjoint. Mais les mesures annoncées pour cette prétendue grande cause restent à un niveau ridicule.

Macron a répété que l’important est l’éducation, dès la petite enfance. Il envisage des modules d’enseignement, une formation pour les enseignants et les cadres. Ce sont des mots creux, quand il n’y a aucun moyen mis à disposition. Macron promet aussi de combattre le sexisme dans l’audiovisuel et dans les jeux vidéo, ainsi que la pornographie sur Internet.

Quant au budget du secrétariat d’État à l’Égalité entre les femmes et les hommes, il plafonnerait à 30 millions cette année, contre 29,81 millions auparavant. C’est presque une provocation ! Mais cela dit clairement que ni les institutions ni les associations féministes n’auront davantage de moyens pour l’éducation à l’égalité, la protection des femmes victimes de violences, etc.

Dans les mesures pour aider les victimes à déposer plainte en justice, il y a aussi de l’esbroufe. Les victimes pourraient déposer plainte sans avoir à se déplacer au commissariat. On créerait pour elles dans les hôpitaux des unités de prise en charge psychotraumatique. Là encore, il faudra des budgets et du personnel : tout le contraire de la politique d’économies en cours dans les hôpitaux.

Dans le domaine du harcèlement au travail, l’hypocrisie du discours est encore plus criante. Alors qu’il s’agit bien d’une des formes les plus importantes de harcèlement, la ministre du Travail a affirmé que l’arsenal juridique était complet et clair. Il n’y a donc pas de mesure supplémentaire à attendre, tout au plus des idées qu’elle a demandé aux syndicats de lui transmettre. Mais invoquer l’arsenal juridique pour protéger les femmes ne résout rien. Quand les lois existent, elles ne suffisent jamais à faire respecter le droit des femmes dans les entreprises. Aucun patron n’a jamais été condamné pour discrimination et pourtant les salaires dans le privé continuent, à qualification égale, à être en moyenne inférieurs de 20 % pour les femmes.

Les chiffres montrent que les femmes et les hommes qui combattent ce harcèlement, qui est le fait des chefs, de la hiérarchie, des employeurs, se retrouvent la plupart du temps victimes de sanctions, voire licenciés. Que propose le gouvernement contre ces réalités ? Rien ! Au contraire même, toutes les mesures prises contre le Code du travail visent à réduire les possibilités de se défendre collectivement dans les entreprises, à réduire le recours aux Prud’hommes, à renforcer les pouvoirs du patronat et à l’aider à licencier toujours plus.

C’est bien souvent grâce à la domination que leur donne leur place hiérarchique, leur pouvoir et leur fortune dans une société d’exploitation, que des hommes se comportent avec violence et mépris envers des femmes. Cette société renforce en même temps les comportements sexistes. Pour imposer le respect et l’égalité, les femmes ne peuvent compter que sur leur lutte collective, qui fait partie de la lutte de tous les exploités pour leurs droits.

Marion AJAR