Espagne : crise en Catalogne, quelles conséquences pour la classe ouvrière ?

01 Novembre 2017

Le 27 octobre a été marqué par une succession de décisions contradictoires. En quelques heures, on a vu le parlement de la Généralité déclarer l’indépendance de la Catalogne, approuvée par un vote secret. Quelques heures plus tard, Mariano Rajoy, chef du gouvernement espagnol, annonçait qu’il dissolvait la Généralité de Catalogne et qu’il prévoyait de nouvelles élections pour le 21 décembre. Nous consacrerons un prochain article aux conséquences que ces épisodes peuvent entraîner dans la situation de la Catalogne et de l’Espagne. Le texte que nous publions ici est tiré de la presse d’entreprise de Voz Obrera (UCI – Espagne), écrite et diffusée dans la foulée des événements récents.

« Le gouvernement du Parti populaire, le PP, va accentuer la répression grâce à l’article 155 et opérer un durcissement social à droite en invoquant la situation créée par la proclamation de la république catalane. En tant que Voz Obrera, nous sommes solidaires des secteurs populaires qui luttent pour leur droit de choisir leur avenir politique et solidaires de ceux qui sont ou vont être victimes de la répression du gouvernement de Rajoy. Il faut exiger la libération immédiate des détenus quel que soit leur parti. Qu’ils soient de l’ANC, d’Omnium ou d’autres partis ou organisations.

Quelles conséquences ces événements auront-ils pour la classe ouvrière ? Avec ­Rajoy, cela fait des années que nous reculons et que nous subissons sa politique. Dans le contexte de la crise catalane, Rajoy et ses comparses de Ciudadanos et du PSOE se sont érigés en défenseurs de la légalité constitutionnelle, de la démocratie et de l’unité de l’Espagne, qui protégeraient les citoyens. Rien n’est plus faux. La Constitution est au service des banquiers et des capitalistes. Ils l’ont changée quand cela leur a été utile pour payer la dette aux banquiers. Et quand les travailleurs réagissent contre les attaques, Rajoy et les siens recourent à la répression policière et se moquent de ce que permettent ou non la Constitution et la législation.

Pour ce qui est des nationalistes catalans, ils ne nous ont et ne nous feront jamais rien gagner. Les nationalismes sont des courants politiques au service des intérêts des classes bourgeoises qui ont besoin d’un État pour conduire leurs affaires et exploiter les travailleurs. Rajoy aussi bien que Puigdemont et les nationalismes qu’ils représentent s’affrontent, mais ils s’alimentent. Ils cachent leur corruption et dévient les problèmes sociaux vers des affrontements entre les classes populaires elles-mêmes et au sein du monde du travail.

Le conflit actuel en Catalogne est dirigé par la droite catalaniste pour dévoyer vers l’objectif de l’indépendance la profonde indignation que la crise capitaliste a provoquée dans les classes populaires. Cette droite, avec Mas à sa tête, a marché la main dans la main avec Aznar et Rajoy pour attaquer les classes populaires et diminuer les budgets sociaux. Devenus ennemis aujourd’hui, ils sont parvenus à diviser le monde ouvrier et à faire s’affronter les travailleurs d’une même classe ouvrière au nom des droits de la Catalogne ou de l’Espagne.

Travailleurs en Catalogne ou dans le reste de l’Espagne, nous ne pouvons entrer dans ces parties qui se jouent entre des politiciens. Nous ne pouvons pas accepter la politique du patronat et de ces gouvernements, qu’ils soient « catalaniste » ou « espagnoliste ». Aucun des régimes au service des capitalistes ne pourra améliorer nos conditions de vie. Seule notre lutte peut le faire. Si par exemple en Catalogne, devant la fuite des entreprises, les travailleurs entraient en lutte pour prendre le contrôle des entreprises, nous serions à leurs côtés. Comme nous le serions si cela se produisait dans d’autres régions, car cela correspond aux intérêts du monde ouvrier dans l’ensemble du pays. C’est pour cela que nous levons le drapeau rouge, le drapeau des travailleurs portant leur devise : “Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !” »

Voz OBRERA