Gisèle Halimi : une gifle à Macron08/03/20232023Journal/medias/journalnumero/images/2023/03/2849.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Gisèle Halimi : une gifle à Macron

Le fils de Gisèle Halimi, Serge, a jeté un pavé dans la mare en annonçant qu’il ne participerait pas à l’hommage à sa mère prévu par le gouvernement le 8 mars, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes.

Il a été rejoint par la présidente de l’association Choisir la cause des femmes, fondée par Gisèle Halimi et Simone de Beauvoir. « La décision de l’Élysée intervient après plus de deux ans de tergiversations et alors que le pays est mobilisé contre une réforme des retraites extrêmement injuste, dont les femmes qui occupent les métiers les plus difficiles seront les premières victimes. […] Ma mère aurait défendu leur cause et manifesté à leurs côtés », a déclaré Serge Halimi.

Gisèle Halimi mena un combat contre le colonialisme et les crimes commis par l’impérialisme français durant la guerre d’Algérie. Puis, à la fin de celle-ci, elle se consacra notamment à la cause des femmes. Au procès dit de Bobigny, en 1972, elle défendit ainsi une mère ayant aidé sa fille à avorter, alors que l’avortement était encore passible de prison. Le droit à la contraception n’existait que depuis peu, et des centaines de milliers d’avortements clandestins avaient lieu chaque année, avec tous les risques que cela impliquait. La jeune fille fut relaxée, la mère condamnée à deux ans de prison avec sursis. Ce procès fut une étape dans la lutte menée, qui finit par aboutir à la loi de 1975. Gisèle Halimi fut aussi de bien d’autres combats, dont celui mené pour que le viol soit reconnu comme un crime.

En annonçant l’organisation de cet hommage, Macron a tenté une récupération assez grossière, parlant même de faire du 8 mars un « temps de réconciliation », selon les mots utilisés par l’Élysée. Toutes celles et tous ceux qui manifesteront le 8 mars rendront le meilleur hommage qui soit au combat mené par Gisèle Halimi et bien d’autres, pour la défense des droits des femmes.

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