Auchan : un 0,6 % que les travailleurs n’encaissent pas

23 Juin 2021

À l’appel des syndicats FO et CGT au niveau du groupe, et de la CFDT sur certains sites, un mouvement de grève a touché un grand nombre d’hypermarchés vendredi 18 juin.

Les salariés en ont assez, alors que la famille Mulliez, propriétaire d’Auchan et de dizaines d’autres enseignes, a largement profité de la crise Covid.

Dans de nombreux magasins, des dizaines de travailleurs se sont mobilisés. Ils contestent les salaires au plancher, le salaire au smic à l’embauche, pas beaucoup plus après vingt ou trente ans d’ancienneté. Ils revendiquent une augmentation générale, une prime Covid de 1 000 euros minimum que leur refusent les actionnaires riches à milliards, et dénoncent la dégradation de leurs conditions de travail, aggravées par des suppressions de postes incessantes.

À l’échelle du groupe, 2 000 emplois en CDI ont été supprimés en 2020 et encore 1 400 sur les six premiers mois de l’année 2021. Il s’agit de postes calculés en équivalent temps plein. Ils sont donc en réalité beaucoup plus nombreux vu le nombre très important de postes à temps partiel. Et le développement en cours des caisses automatiques entraîne une menace supplémentaire de suppressions d’emplois.

Durant la crise sanitaire, la grande distribution a continué à remplir ses caisses et les profits de ses propriétaires. Pour sa part, Auchan a accru son chiffre d’affaires de 466 millions d’euros. C’est pourquoi l’annonce d’une augmentation des salaires de 0,6 %, beaucoup moins que le taux officiel de l’inflation, a été ressentie par de nombreux travailleurs comme une provocation. Ce premier mouvement de grève à l’échelle du groupe est leur réponse.

Philippe Logier