Le FN n'a pas sa place à la CGT !

30 Mars 2011

Lundi 28 mars, Fabien Engelmann, candidat FN et militant de la CGT, était convoqué au siège du syndicat à Montreuil en vue de son exclusion. Engelmann était responsable du syndicat CGT des agents territoriaux de la mairie de Nilvange, jusqu'au moment où il s'est présenté sous les couleurs du Front National aux élections cantonales et où la fédération CGT a décidé de le suspendre.

La nouvelle avait couru que le FN voulait organiser une conférence de presse à la sortie de cet entretien, devant le siège de la CGT. Vendredi 25 mars au soir, l'UD CGT 93 avait lancé un appel à un rassemblement pour empêcher la tenue de cette conférence de presse. L'appel fut relayé très rapidement par les militants bien au-delà de la Seine-Saint-Denis.

Plus de six cents militants CGT se sont donc rassemblés devant la confédération à Montreuil, le 28 mars, pour affirmer leur rejet du FN. La conférence de presse de celui-ci n'a bien entendu pas eu lieu devant le siège de la CGT. Les militants présents ont accueilli Engelmann comme il se devait, le huant et criant des slogans hostiles : « Dégage, dégage », « Le FN hors de la CGT », « Français, immigrés, même patron, même combat ».

Pour les militants, il s'agissait d'affirmer que les idées du Front National ne sont pas compatibles avec celles du syndicalisme ouvrier. La création de la CGT repose sur l'idée que tous les travailleurs quels que soient leur origine, leur sexe ou leur nationalité forment une seule et même classe sociale, aux intérêts communs au-delà des frontières. Cette affirmation est en contradiction avec les préjugés véhiculés par le FN visant à faire porter la responsabilité de la crise sur la fraction immigrée de la classe ouvrière. Les idées de division sont un poison ayant comme seul but d'affaiblir les travailleurs au seul profit du patronat.

Refuser la présence de militants FN au sein de la CGT est non seulement juste mais vital pour le mouvement ouvrier car le FN est un parti qui défend le patronat et ses intérêts. Et ses discours démagogiques actuels n'y changent rien.

Il y a eu bien entendu des slogans hostiles au FN, mais ceux qui étaient le plus repris étaient ceux qui exprimaient la solidarité des travailleurs entre eux, quelles que soient leurs origines, et contre un seul ennemi : le patronat. L'Internationale a aussi été chantée. Pour de nombreux manifestants, c'était l'occasion de crier haut et fort leur hostilité aux idées racistes du FN, contents de pouvoir dire qu'il n'y a qu'une seule classe ouvrière, dont le seul ennemi est le patronat.

Correspondant LO