Serge Latchoumanin, formateur à La Réunion08/05/20242024Journal/medias/journalnumero/images/2024/05/une_2910-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg

Européennes

Serge Latchoumanin, formateur à La Réunion

Candidat sur la liste Lutte ouvrière, j’ai 55 ans, j’habite Saint- Benoît dans l’île de La Réunion, et je suis formateur à la Chambre d’agriculture. Comme tous les établissements publics, celle-ci subit la politique de restrictions budgétaires de la part de l’État. Trop d’effectifs, disent-ils. Ainsi, depuis vingt ans, le nombre de salariés n’a cessé de diminuer. Les salaires sont quasiment bloqués. Cette politique fait l’affaire d’entreprises privées, comme le groupe sucrier Tereos, qui concurrence de plus en plus la chambre d’agriculture.

L’agriculture bénéficie d’énormes subventions publiques, dont celles de l’Europe. Entre 2018 et 2022, ce ne sont pas moins de 280 millions d’euros d’aides européennes qui ont été versés. Mais celles-ci vont majoritairement dans la poche des gros cultivateurs, des gros propriétaires fonciers, dont certains sont les rejetons des anciens colons esclavagistes. Les petits planteurs, eux, peinent à joindre les deux bouts, voire arrêtent leur exploitation. En dix ans, entre 2010 et 2020, le nombre des petites exploitations a diminué d’environ 20 %. Quant aux ouvriers agricoles, notamment les coupeurs de canne qui sont pour la plupart des saisonniers, pas toujours déclarés, ils sont encore payés à la tâche et en dessous du smic. Dans les champs, on trouve aussi bien des ouvriers créoles que comoriens ou mahorais. L’exploitation patronale ne connaît pas de frontières. L’abolition de celles qu’on instaure entre les travailleurs est au cœur de mon combat en tant que communiste révolutionnaire.

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