RATP Bus : diviser pour mieux régner08/05/20242024Journal/medias/journalnumero/images/2024/05/une_2910-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

RATP Bus : diviser pour mieux régner

Le 6 mai, plusieurs syndicats appelaient à se mobiliser au secteur Bus de la RATP, dont la CGT qui appelait à une grève contre la privatisation du réseau qui débutera fin 2025.

Un rassemblement s’est tenu au dépôt de Bords-de-Marne, qui sera un des premiers touchés.

Des grévistes des ateliers du réseau ferré, qui revendiquent 300 euros d’augmentation de salaire, y ont d’ailleurs participé.

Nombre de travailleurs craignent à juste titre que, pour les repreneurs, qui seront essentiellement des filiales privées d’entreprises publiques comme Transdev (Caisse des dépôts et consignation), Keolis (SNCF) ou CAP (RATP), ce soit une occasion de dégrader encore plus les conditions de travail. Ces attaques organisées par l’État et la région Île-de-France sont conçues dans l’intérêt du grand patronat.

L’UNSA appelait le même jour à la grève pour l’augmentation des salaires qui, comme partout, sont largement en dessous de la hausse des prix, et pour une prime Jeux Olympiques plus élevée. Aux Lilas, il y avait environ 25 % de grévistes et une vingtaine de travailleurs se sont retrouvés devant le dépôt le matin. Pour beaucoup, se retrouver faisait du bien, alors qu’au quotidien ils sont souvent isolés les uns des autres.

C’était l’occasion de parler de tout ce qui ne va pas, en particulier depuis 2022 : le temps de travail qui a augmenté de plus de 40 minutes par jour, la perte de six jours de repos, la multiplication des services en deux fois qui peuvent avoir une amplitude de treize heures avec un trou de plus de quatre heures entre les deux parties. Les 290 euros net mensuels de plus reçus à l’époque ne compensent en rien la démolition de leurs conditions de travail. Pire encore, la direction a privé de ces 290 euros ceux qui sont arrivés après le 1er janvier 2023, histoire de jouer un peu plus la carte de la division.

Contre tout patron, pour se faire craindre, la force des travailleurs est leur union : entre ceux qui ont eu les 290 euros et ceux qui ne les ont pas, entre ceux qui travaillent dans les ateliers, à la conduite et dans les bureaux, et entre les dépôts de bus, qui seront mis en concurrence les premiers, et les autres.

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