Pannier-Runacher : la main dans le sac

16 Novembre 2022

Jean-Michel Runacher, ayant fait sa pelote dans le pétrole, a souhaité pouvoir en faire profiter rapidement ses petits-enfants.

Quoi de plus normal ? Afin que le fisc ne dépouille pas les tendres héritiers, il leur a transmis un peu plus d’un million d’euros en passant par des paradis fiscaux et en constituant, devant notaire, une société de droit français. Quoi de plus légal ?

Les enfants étant mineurs à l’époque, c’est leur mère, la fille de Jean-Michel Runacher, qui a signé les papiers. Quoi de plus banal ? Rien de cela ne sort des pratiques habituelles des gens qui ont du bien et de quoi faire de l’optimisation fiscale, de ces familles où l’on sait, avant même de savoir compter, que payer des impôts est un truc de pauvre.

L’affaire se complique du fait que la mère des enfants, Agnès Pannier-Runacher, est devenue ministre en 2018. Elle n’a pas cru alors devoir déclarer cette opération car, voyez-vous, il s’agit des sous de son père et de ceux de ses enfants, pas des siens. De plus, étant ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher prétend à la fois mettre à la raison les groupes pétroliers et demander à la population d’accepter les sacrifices nécessaires. Visiblement, elle sait séparer les affaires publiques des affaires familiales.

Le sens de l’épargne, de la famille et de la vie sociale de la ministre a été mis derechef en lumière lorsque la presse a révélé qu’elle habite dans une propriété de la famille Dassault, ces milliardaires avionneurs vivant en symbiose avec les finances publiques et distribuant depuis trois générations des cadeaux au personnel politique. Interrogée sur les pratiques de sa ministre, la Première ministre Borne a dédaigneusement répondu qu’elle ne commente pas les rumeurs de la presse.

Toutefois, lundi 14 novembre, le gouvernement indiquait par décret que, désormais, Agnès Prunnier-Runacher ne pourrait plus traiter les affaires relatives au pétrolier Perenco, cette entreprise touchant de près son père et, semble-t-il, ses enfants. Gérant des fortunes du grand capital, le personnel politique a en effet l’habitude d’arrondir la sienne au passage. Ce décret rappelle à la ministre de la Transition énergétique que, pour la bonne image du gouvernement, il est tenu à une certaine discrétion ou, au moins, à un savoir-faire minimum.

Paul GALOIS